Lire la Suite

Eastwood à fleur de peau

À bientôt quatre-vingt-dix ans – précisons-le en toute lettre pour bien s’en rendre compte – Eastwood sort son nouveau film, Le Cas Richard Jewell. De nouveau, il s’est retiré de devant la caméra, faisant de son précédent long-métrage La Mule une ultime borne comme œuvre dans une carrière d’acteur-réalisateur. Et surtout, l’épiphanie de comment Eastwood s’est filmé lui-même, portant sur son visage vieilli cinquante ans d’Amérique.

Lire la Suite

Il était une fois 1969 : Willie Boy, contre l’amnésie et le silence de l’Amérique

1909. Une ombre saute d’un train en marche pour rejoindre la réserve californienne de Morongo. C’est Willie Boy, mystérieux indien païute de retour d’on ne sait où, revenu épouser sa promise selon les traditions ancestrales. Après un incident qui provoque la mort de deux indiens et la fuite du couple à travers les étendues sauvages, le taiseux shériff Coop se lance à leur poursuite. Mais où court donc Willie Boy, dans ces espaces nus et désolés que l’homme Blanc a déjà cent fois parcouru et où les siens, exterminés ou parqués dans des réserves à l’abri des regards, ne sont déjà plus qu’un souvenir ?

Lire la Suite

« Notre caméra était une cible. » – Entretien avec Nicole et Félix Le Garrec sur le documentaire PLOGOFF (1980)

À partir de janvier 1980, un petit village d’irréductibles bretons s’oppose à l’implantation d’une centrale nucléaire. Une mobilisation victorieuse des habitants, femmes en tête, dont témoigne le documentaire Plogoff, des pierres contre des fusils. Quarante ans après, les images de cette population face aux forces de l’ordre n’ont rien perdu de leur force et résonnent encore plus avec l’actualité. Rencontre sur la Croisette avec les époux Le Garrec, Nicole à la réalisation et Félix à la caméra, lors de la présentation du film à Cannes Classics.

Lire la Suite

L’HOMME DU SUD (1945), la mythologie américaine selon Jean Renoir

>Film à la fois profondément américain et profondément emprunt de l’âme de Jean Renoir, L’Homme du Sud capture une mythologie du territoire en parallèle d’un contexte social. Alors que la guerre touche à sa fin en Europe, le cinéaste exilé affirme un film plus personnel qui se confronte dans le même temps aux limites du système hollywoodien.

Lire la Suite

John Knoll et le travail d'ILM sur le dernier film d'Orson Welles

À l’heure de l’édition 2020 du Paris Images Digital Summit, réunion au sommet des amateurs et professionnels des effets spéciaux, nous avions pu nous entretenir avec l’invité de la précédente, John Knoll, sur la participation de la société Industrial, Light & Magic à la reconstruction du film d’Orson Welles The Other Side of the Wind.

Lire la Suite

AMERICAN GRAFFITI (1974) et l'Americana dans le rétroviseur de George Lucas

Aussitôt occulté par l’ombre de Star Wars, le deuxième long-métrage de George Lucas mérite que l’on y rejette un coup d’œil. À travers le prisme faussement nostalgique envers la décennie précédente, American Graffiti se révèle surtout par sa reconstitution d’une fin de l’innocence rituelle et révolue, observée depuis cette Amérique traumatisée du début des années 70.

Lire la Suite

LA BALLADE DE NARAYAMA (1983) – Retraite spirituelle

Couronné au Festival de Cannes, la version restaurée du chef-d’œuvre de Shohei Imamura est désormais disponible en vidéo. Un long-métrage qui ne s’impose aucune barrière pour dépeindre un Japon rural et ses traditions, que les plus récentes générations nippones cherchent à oublier. Pourtant, nourrie des obsessions du cinéaste, cette vision traduit le sens même du cycle de la vie, révélant parfois sa cruauté concernant le sort réservé à nos plus anciens.

Lire la Suite

Alain Delon et ses fantômes dans Le Professeur (1972)

Étonnant film dans une période où Alain Delon était en pleine recherche de singularité, Le Professeur ressort en version restaurée et retrouve sa « version longue » 47 ans après que son producteur, Delon lui-même, ait imposé de multiples coupes pour la sortie françaises. Fidèle à son réalisateur Valerio Zurlini, Le Professeur est avant tout une histoire d’ennui existentiel.

Lire la Suite

« Eyes Wide Shut recèle toujours une part d’inconnu qui me plaît » – entretien avec Axel Cadieux

Eyes Wide Shut a 20 ans. L’œuvre posthume de Stanley Kubrick n’en finit pas de faire parler d’elle, admirée, décortiquée, analysée jusqu’au vertige. Dans son livre Le Dernier rêve de Stanley Kubrick, le journaliste Axel Cadieux revient sur l’un des tournages les plus longs de l’histoire du cinéma, au travers d’une soixantaine d’entretiens avec les proches collaborateurs du cinéaste afin d’explorer les méandres de ce chef-d’œuvre au mystère inépuisable

Lire la Suite

Le Roman Porno, millésime de l’érotisme japonais

Films érotiques japonais des années 1970, les Roman Porno ont été édités par Elephant Films dans un coffret les réunissant avec une nouvelle vague de films récents du même acabit, produits par la Nikkatsu, pour une plongée dans des représentations troubles, sulfureuses, déviantes, mais fascinantes de la sexualité au sein d’œuvres parfois remarquables.

Lire la Suite

Grandeur et décadence des Anges de l’Enfer (1930) d’Howard Hughes

Superproduction démesurée, production malade, caprice de gosse de riche… Le célèbre film d’aviation d’Howard Hughes, notamment immortalisé dans le Aviator de Martin Scorsese, n’a jamais manqué de se faire remarquer – mais pas toujours en bien. Les Anges de l’Enfer est le symbole-même d’une certaine décadence hollywoodienne, le film qui en fait trop à tous les égards, et qui, pourtant, parvient encore à épater aujourd’hui pour son échelle et ses images.

Lire la Suite

Dix ans après, que reste-t-il d’AVATAR ?

Voilà une décennie ans qu’Avatar est sorti. Néanmoins, douze ans le séparaient déjà de Titanic, précédent raz-de-marée cinématographique de James Cameron. Alors que ses suites, constamment repoussées, se font attendre, l’héritage d’Avatar semble remis en question au sein de la culture populaire, qui, après les récentes évolutions hollywoodiennes, s’est souvent demandé s’il en restait quelque chose.

Lire la Suite

Jean Dréville, une épopée française

Qui, aujourd’hui, se souvient vraiment de Jean Dréville et de ses films, si ce n’est quelques membres précieux de la tribu cinéphile ? Son nom évoque quelques productions fastess, dont La Fayette, film le plus cher du cinéma français , ainsi qu’une série de films de guerre. Dréville porte avec lui tout un monde de cinéma des années 1930 aux années 1950, une « qualité française » plus originale et inventive que ce qu’on aime croire à ce sujet – une œuvre qui a même été parfois avant-gardiste.

Lire la Suite

« Philippe de Broca avait un savoir-faire qui est difficile à retrouver dans les comédies actuelles » – Alexandra de Broca et Marina Girard

Cartouche revient sur les écrans dans une magnifique copie restaurée ! Visible à la fois en salles et en vidéo, le célèbre film de Philippe de Broca retrouve tout son lustre, son panache et sa mélancolie. Restauration qui n’aurait pu avoir lieu sans le vaste travail éditorial entrepris peu après le décès du réalisateur en 2004 et mené avec ténacité par la famille de Broca – en premier lieu, sa compagne Alexandra – et Marina Girard, agent-conseil spécialiste en droits d’auteurs. Rencontre.

Lire la Suite

Cannibalisme et gâteaux dans Black Journal (1977) de Mauro Bolognini

Qui se souvient de Mauro Bolognini ? Parmi les grands cinéastes italiens, le public citera Federico Fellini, Sergio Leone, Pier Paolo Pasolini, Bernardo Bertolucci, Ettore Scola, Roberto Rossellini, … Même les plus cinéphiles semblent avoir oublié le cinéaste de La Dame aux Camélias, avec Isabelle Huppert. Une rétrospective, qui se donne actuellement à la Cinémathèque française, vient à point nommer pour remettre à l’honneur ce grand cinéaste italien. Parmi ses films, on trouve Black Journal, œuvre monstre, enfin présentée dans une superbe version intégrale restaurée – 20 minutes supplémentaires ! –, mélange improbable de drame criminel, historique, film d’horreur, réflexion sur l’identité sexuelle, la maternité.