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Beau-père (1981) de Bertrand Blier : le perdant magnifique

Beau-père fait partie de la série des quatre chefs-d’œuvre qui ont jalonné la fin de carrière de cet immense comédien, Patrick Dewaere, disparu tragiquement le 16 juillet 1982. C’est même le dernier, chronologiquement parlant, de ce florilège, après Série Noire (1979) d’Alain Corneau, Un Mauvais fils (1980) de Claude Sautet et Hôtel des Amériques (1981) d’André Téchiné. Un dernier grand film, un chant d’adieu

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Miracle en Alabama (1962) ou les sens de l’Amérique

Tiré de l’autobiographie d’Helen Keller, adaptée par Arthur Penn à la télévision, au théâtre et enfin au cinéma, Miracle en Alabama déploît le combat pour la reconnaissance, l’éducation et l’amour d’une enfant sourde et aveugle – et de son éducatrice – dans une Amérique puritaine où les normes font loi. Une grande leçon d’humanité pour les petits et les grands, au cinéma depuis le 11 septembre 2019.

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Un film inachevé de Marcel Carné et Jacques Prévert à découvrir en livre dans L’Île des enfants perdus

Le film inachevé du duo Carné-Prévert, La Fleur de l’âge, trouve une seconde vie avec L’Île des enfants perdus (titre initial du film) de Nicolas Chaudun. L’auteur retrace l’épopée de ce film maudit, et en profite pour un retour vers le passé, de l’histoire des bagnes d’enfants – sujet du film – au dézingage du « cinéma de papa » par la Nouvelle Vague.

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Il était une fois 1969 : Daddy’s Gone A-Hunting

C’est un des films hollywoodiens les plus curieux de la décennie, et sans doute un des plus atypiques de cette année 1969. Daddy’s Gone A-Hunting, thriller surfant sans ambiguïté sur le succès monstre de Rosemary’s Baby sorti trois ans plus tôt, suit les errances angoissés et peut-être paranoïaques d’une jeune femme enceinte persuadée d’être poursuivie par un ancien amant meurtrier.

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Un été rouge profond : entretien avec Dario Argento

Mis à l’honneur par le Festival du film de La Rochelle, les films de Dario Argento sont plus vivants que jamais. Alors que Camélia Films ressort en salle Quatre mouches de velours gris et Ténèbres couplé au documentaire de Jean-Baptiste Thoret Soupirs dans un corridor lointain, Rouge Profond vient d’éditer un recueil de nouvelles du maestro. Cet été, placé sous le signe du genre italien avec également des rétrospectives Mario Bava et Lucio Fulci, Dario Argento semble avoir encore bien des choses à nous dire.

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Richard Kelly, porté disparu

Faire ressortir un patrimoine récent au cinéma est souvent assez intéressant, car c’est confronter des souvenirs pas tout à fait effacés à une éventuelle réactualisation de l’œuvre – et l’ouvrir aussi à de nouveaux publics. Dans le cas de Donnie Darko (et sa director’s cut), film culte d’une génération de cinéma américain, l’effet est renforcé par son cinéaste, Richard Kelly, dont la carrière aujourd’hui presque en friche – il n’a rien réalisé depuis dix ans – à revoir aujourd’hui sous un jour différent. L’occasion de rencontrer un cinéaste hors de son temps, presque dépassé par ses propres films.

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« Le cinéma peut changer le monde » – Entretien avec Férid Boughedir, réalisateur de Caméra d’Afrique

Il y a 50 ans s’organisait le Festival Panafricain d’Alger, un événement qui invita les artistes du continent à se rencontrer, et notamment ceux issus du cinéma. Mais l’année 1969 fut aussi un tournant pour le cinéma africain sur plusieurs aspects. Nous avons pu rencontrer le cinéaste tunisien Férid Boughedir qui a été témoin de ces bouleversements et dont la version restaurée de son film Caméra d’Afrique a été présentée cette année à Cannes Classics. Le documentaire revient sur les rêves et les espoirs des premiers représentants d’un cinéma africain indépendant en quête d’existence et de reconnaissance.

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« Comme Almodóvar, Chahine savait filmer la femme orientale » – rencontre avec les commissaires de l’exposition Youssef Chahine

Alors que s’achève à la fin du mois de juillet l’exposition que consacre la Cinémathèque française au cinéaste égyptien Youssef Chahine, entretien avec ses commissaires, Régis Robert et Amal Guermazi, sur la portée de l’exposition et le rôle qu’elle a eu pour remettre au goût du jour l’œuvre du réalisateur d’Adieu Bonaparte et du Destin décédé le 27 juillet 2008. Ce fut pour beaucoup, connaisseurs comme néophytes, la redécouverte d’un artiste aux films plus actuels que jamais.

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L’Arrangement (1969), Elia Kazan et son miroir brisé

C’est Marlon Brando qui aurait du avoir le rôle. Celui d’Eddie Anderson, Evangelos Topouzoglou, fils d’immigré grec touché par la grâce du rêve américain -la publicité- qui, un beau jour, précipite sans crier gare sa belle cylindrée blanche sous les roues d’un camion. Pourquoi ce geste ? C’est tout l’objet de ce film de 1969 d’Elia Kazan dont le personnage principal, survivant de justesse à son suicide manqué, entre en profonde crise existentielle