Évènement repoussé avec la crise sanitaire, le cinéma d’Abbas Kiarostami est enfin de retour en salle. Mais pas que : cette grande rétrospective (notamment diffusée à l’Institut Lumière) est accompagnée par des éditions vidéo DVD/Blu-ray, la publication de trois ouvrages, et une exposition au Centre Pompidou à Paris. Le cinéaste iranien, disparu il y a cinq ans, auréolé d’une palme d’or pour Le Goût de la cerise en 1997, est l’auteur d’une œuvre inépuisable qui fut enfin reconnue sur la scène internationale au début des années 1990. Il était alors déjà en activité depuis près de 20 ans, et autant de films réalisés pour le Kanoon, l’Institut pour le développement intellectuel de la jeunesse en Iran. Des films restés longtemps inédits qui ont pour figure principale un visage d’enfant, image originelle qui va imprégner la suite de son œuvre.

Mise à jour du texte originellement publié dans Revus & Corrigés n°7 (printemps 2020).

Un travelling latéral suit un enfant à travers un dédale de rues. Il s’amuse d’une boite en carton comme d’un ballon de foot, son pain sous le bras. La démarche légère, une reprise en version instrumentale du Ob-La-Di, Ob-La-Da des Beatles en bande-son. Au détour d’une ruelle, un aboiement se fait entendre. La musique s’arrête, comme on arrête un vinyle en cours de lecture. Le petit garçon rebrousse chemin sur quelques mètres. Immobilisé à un carrefour, il est figé par la peur. Il doit pourtant rentrer chez lui. À la recherche d’une solution, il attend, perplexe, pleurant et baillant en même temps. Toute la détresse de l’enfant face à un obstacle qui lui semble insurmontable. Petit point au fond du cadre, apparaît alors un vieil homme, sacoche et cartouche de cigarettes à la main. Il remonte lentement la ruelle, filmé en un long plan fixe rythmé par une musique jazz qui a repris. Il avance jusqu’à la caméra et l’enfant. Ce dernier y voit son salut et lui emboîte le pas. Mais au moment où l’homme arrive au niveau du chien, il bifurque, laissant l’enfant seul face à l’animal qui grogne, menaçant. Retour à la case départ. L’enfant hésite et décide alors de lui lancer un morceau de pain. La diversion fonctionne, il peut passer. Cette fois-ci, c’est le chien qui se glisse dans son sillage, le suivant jusqu’à la maison familiale. L’enfant entre et referme la porte devant son museau. L’animal se couche dans la rue. Petit point au fond du cadre, apparaît alors un jeune garçon, cabas et bol de lait dans les mains. Il descend lentement la ruelle, filmé en un long plan fixe rythmé par une musique jazz qui a repris. Le garçon avance jusqu’à la caméra et au chien. Aboiement. Tout recommence. Fin.

Il se dit que l’on trouve dans le premier film d’un cinéaste, tous les motifs et dynamiques qui vont irriguer son œuvre. L’axiome peut paraître éculé, il se vérifie pourtant dans le premier court-métrage d’Abbas Kiarostami. Et s’il n’y a pas tout dans Le Pain et la rue (1970), il y a déjà beaucoup.

Le Pain et la rue (1970).

Visages et personnages

Dans ses films, il y a beaucoup de portes par exemple. Des portes, mais aussi des arbres, des ruelles, ou un chemin en Z qui revient; des animaux ou des voitures. De la terre et du vent aussi. Des parents, des professeurs, des inconnus qui jouent des comédiens et des comédiens qui jouent des réalisateurs. Et des enfants. Une multitude de visages d’enfants. Des personnages qui « s’agencent » [1] les uns aux autres. Car chez lui, tout s’entremêle de manière à la fois fluide et complexe.

Un peu à l’image de son parcours que l’on simplifie souvent en trois périodes : les années Kanoon, qui filerait du Pain et la rue jusqu’à Où est la maison de mon ami (1987);  celle de la reconnaissance internationale, de Close-Up (1990), jusqu’à Le Vent nous emportera (1999); et enfin une dernière de ABC Africa (2001) jusqu’à sa disparition en 2016, plus minimaliste et contemplative, se rapprochant des autres formes d’expression artistiques qui l’ont toujours travaillé : la photographie, l’illustration et la poésie.

Né en 1940 à Téhéran, au sein d’une famille originaire du Gila, cette province du nord-ouest de l’Iran, il s’intéresse tôt au dessin et à la peinture et il trouve sa première vocation dans le graphisme. Après des études à la faculté des Beaux-Arts de Téhéran, il est embauché à 20 ans par une agence de publicité ou il travaille en tant que graphiste, mais aussi comme concepteur de films publicitaires. Des films qu’il ne tourne pas, mais qui lui font prendre conscience de la puissance d’évocation des images comme outil de transmission. Il signe ensuite des couvertures de livres ainsi que de nombreuses affiches de cinéma, avant de créer des génériques de longs-métrages, comme celui de Qeysar (1969) de Massoud Kimiai, film majeur de la Nouvelle Vague iranienne. C’est pour ces talents de graphiste qu’il est embauché par le Kanoon, le centre pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes, où on lui propose de participer à la création du département cinéma. Il accepte et passe rapidement à la réalisation. Durant 20 ans, il va explorer différents formats (courts, moyens et longs-métrage, documentaires, films éducatifs ou de fiction), avec toujours l’enfance et la pédagogie en figures centrales.

Le Pain et la rue, son premier court-métrage était lumineux, d’une tonalité plutôt légère, avec happy-end et twist souriant. Son second, Récréation (1972), toujours sans aucun dialogue, va prendre une direction opposée. Dara, un tout jeune garçon passionné de foot (passion récurrente dans les films de Kiarostami) vient de briser une vitre avec son ballon. Il attend dans un couloir la punition : des coups de règle en bois sur les mains. Une fois celle-ci infligée, en rentrant chez lui, il est exclu et pourchassé d’un match de foot entre enfants. Dans sa fuite, il se perd jusqu’à la périphérie de la ville. Arrivant au bord d’une route, il s’éloigne dans la profondeur de l’image. À travers le visage de Dara, Récréation annonce le motif central de l’œuvre du cinéaste durant cette période : la figure de l’enfant maltraité et incompris, sur laquelle Kiarostami va poser son regard sans pathos ni jugement. À la juste hauteur de l’enfant, jamais au-dessus.

Récréation (1972).

Vérité, mensonge et beauté

Si la punition était infligée hors-champ, ou plutôt hors-focus, dans Récréations, dans Le Passager (1974) elle est filmée plein cadre pour l’une des scènes les plus glaçantes de la filmographie de l’iranien. Qassem est un jeune adolescent passionné de foot. Pour se payer un billet pour Téhéran afin d’assister à un match, il n’hésite pas à voler de l’argent à sa mère. Cette dernière, face à un père démissionnaire, n’hésite pas à le dénoncer au directeur de son école. Plein cadre, sans artifice ni trucages (à la demande du jeune comédien, que ne voulait pas « tricher » [2]), Qassem se fait alors violemment frapper sur les doigts, sa mère impassible dans le fond du cadre, tandis que les pleurs du garçon arrivent jusqu’aux oreilles de son ami, terrifié.

La souffrance, mais aussi les obsessions, les idées fixes, le mensonge (et toutes les autres fictions possibles que celui-ci induit), les inégalités et l’incompréhension face au monde adulte, en somme la « vérité » des enfants ». C’est elle que semble chercher la caméra de Kiarostami, dans le regard de tous ces garçons qui habitent ses films. Le plus saisissant sur le sujet, il le tournera des années plus tard, en 1989. « C’est un film de fiction ? Non, c’est un document… je ne sais pas. Mais ce n’est pas une fiction. » Non, Devoirs du soir (1989) n’est pas une fiction, comme il le dit lui-même, en voix off, en ouverture. C’est bien la forme du documentaire qu’il choisit, usant d’un dispositif pour le moins austère : il se met en scène, assis à un petit bureau, lunettes noires et l’air rigide, une caméra et son opérateur dans son dos. Face à eux défilent un par un des jeunes écoliers de 6 à 7 ans qu’il interroge sur le trop-plein de devoirs à la maison, leur concurrence avec les dessins animés, et les punitions, toujours corporelles, que cela engendre. Si tous les enfants connaissent la punition (administré par leurs parents, frères, sœurs ou maitresse) peu en revanche maitrisent les notions d’encouragement ou de récompense… À la fin du film, le visage du petit Majid, implorant le retour de son ami, pour être rassuré, est l’une des images les plus émouvantes et les plus éprouvantes de l’œuvre de Kiarostami. Son traumatisme est physiquement et réellement visible, et il n’arrivera à s’en défaire que le temps d’un poème qu’il récite. Sévère critique du système éducatif et amer constat social, Devoirs du soir se fait aussi l’écho de la guerre Iran-Irak qui gronde encore.

Idées en contrebande

En 1979, il avait déjà signé un film très politique. Cas numéro 1, cas numéro 2 tourné juste après la Révolution de 1979 et le renversement du Shah. Le film y présente un cas moral, sous la forme d’une saynète de fiction, ou il s’agit de savoir s’il doit y avoir dénonciation ou pas de la part des élèves envers leurs camarades, afin d’échapper à une punition. Une saynète qu’il soumet à toute une galerie de personnages où il mélange personnes fictives (censé incarner les pères des enfants de cette saynète) et personnalités bien réelles de la société civile et politique : intellectuels et pédagogues, mais aussi un ministre, le responsable de la communauté juive, l’archevêque de la communauté arménienne, le premier secrétaire du parti communiste, un chef religieux et même l’ayatollah Sadeq Tudeh (plus tard surnommé « Le boucher de la révolution » au nombre de personnes qu’il aura condamné à mort). Le dilemme est simple : faut-il dénoncer ou non ses camarades ? Chacun va y apporter sa réponse, et les plus surprenantes ne sont pas forcément celles que l’on imagine. Un film rare, d’une portée et d’une puissance politique étonnante, véritable instantané de la société iranienne à un moment clé de son histoire et qui sera interdit par le pouvoir après sa première projection.

Cas n°1, cas n°2 (1979).

L’autre ressort qu’utilise Kiarostami pour faire passer certaines idées en contrebande, c’est l’humour. L’humour, lorsqu’il réalise par exemple Avec ou sans ordre (1981) où il s’agit de démontrer aux enfants de manière binaire que les choses se passent mieux si elles se font dans l’ordre. Film de commande qui se transforme en réjouissance burlesque et absurde lorsque Kiarostami introduit le commentaire en voix off de l’équipe technique du film que l’on est en train de regarder. Équipe qui se désespère de pouvoir mettre en ordre ses figurants. La réalité vient déjouer la fiction, l’ordre social. Ou comment l’utilisation de la mise en abyme, qu’il exploitera de manière plus approfondie par la suite, permet de s’autoriser un pied de nez politique au pouvoir.

Il est passionnant de voir qu’au-delà des préoccupations pédagogiques, les films de cette période portent les germes des chefs-d’œuvre à venir : l’amitié, la transmission, le rapport à l’ordre et à la Loi, qu’il faut transgresser, mais aussi l’harmonie qui nait de « l’agencement » des personnages les uns aux autres et qui met sur le bon chemin, forcément de traverse : celui qui permet de contourner l’obstacle et de faire l’expérience d’une épiphanie libératrice.

Où est la maison de mon ami (1987) apparaît alors comme l’expression la plus parfaite de ces motifs. C’est le film par lequel Kiarostami accède à un début de reconnaissance internationale. On y suit le jeune Ahmad, parti dans le village voisin – autant dire l’inconnu – à la recherche de la maison de son ami. Il veut lui rendre son cahier, pris par inadvertance, afin d’éviter que celui-ci se fasse punir le lendemain par l’instituteur. S’il apparaît comme « une forme accomplie et convaincante de traduction contemporaine du néoréalisme », il est en même temps plus que cela, comme le précisent si justement Agnès Devictor et Jean-Michel Frodon dans l’imposante et essentielle monographie Abbas Kiarostami, l’œuvre ouverte. Car le récit prend la forme d’un conte initiatique et mystique qui à force de répétitions (les allers et retours d’Ahmad) va glisser peu à peu vers le merveilleux et le surnaturel: les personnages « sans-têtes », le vieux menuisier magicien, le vent qui se lève à la tombée de la nuit… Peut-être le plus beau film du monde sur la solitude et la détresse qui peuvent être celles de l’enfance. Peut-être tout simplement l’un des plus beaux films du monde.

Où est la maison de mon ami ? (1987).

Tremblements et mutations

Avec Close-up, en 1990, Kiarostami reprend les interrogations formelles et dispositifs esthétiques qu’il avait effleurés à ses débuts (les enfants qui mentent à se prendre en photo dans Le Passager, Cas numéro 1, cas numéro 2 ou Ordre et désordre). Mais en les poussant ce coup-ci plus loin, beaucoup plus loin même. Il y met en scène un vrai fait-divers : celui d’un jeune homme passionné de cinéma qui s’introduit dans une famille bourgeoise en se faisant passer pour le cinéaste Mohsen Makhmalbaf, leur promettant de jouer dans son prochain film. En choisissant de mettre en scène les authentiques protagonistes de l’histoire, réalisant au passage leurs rêves de cinéma, Kiarostami offre une réflexion théorique sur son art. Ce film qui cherche à voir au-delà des apparences est aussi l’illustration parfaite de ce qu’il a toujours revendiqué, et qu’il explorera jusqu’au bout : « Pour dire la vérité, je dois raconter beaucoup de mensonges » [3]. Si Close-Up est l’œuvre qui va définitivement l’imposer au reste du monde, il n’est pas, contrairement aux apparences, le film clé qui va opérer un tournant dans sa carrière.

Car ce tournant, c’est un événement réel qui va le provoquer. Le 21 juin 1990, un terrible séisme va dévaster le nord-ouest de l’Iran et la province du Gilan, là même où Kiarostami a tourné Où est la maison de mon ami ?. Il y aura plus de 45 000 victimes. Le lendemain de la catastrophe, le jour de ses 50 ans, le cinéaste prend sa voiture et part à la recherche des deux enfants comédiens de son film dans les décombres des villages de Koker et de Poshteh. Il revient de ce périple, bouleversé et profondément changé, selon son propre fils [4]. Il décide alors de faire un film de ce voyage. Puisqu’il n’a réalisé Devoirs du soir (1989) puis Close-up que pour approcher au mieux la réalité, il faut cette fois-ci la manipuler : il va alors reproduire son voyage sur les lieux du drame, en choisissant un comédien pour l’incarner. Ca sera Et la vie continue (1992), deuxième volet de ce qui ne s’appelait pas encore (et que Kiarostami n’a jamais nommé ainsi) La trilogie de Koker. Elle sera complétée deux ans plus tard avec Au travers des oliviers qui racontera l’histoire de deux comédiens sur le tournage du film précédent… une double mise en abîme magistrale, films en gigogne, qui laissent une sensation aussi vertigineuse que celle ressentie par un enfant, tard dans la nuit, qui essaye de se représenter l’idée de l’infini…

Et la vie continue (1992).

C’est à partir de Et la vie continue, que le visage de l’enfant, figure centrale de son cinéma jusque-là, glissera doucement vers le hors-champ. Ses films se teintent alors d’une dimension spirituelle et métaphysique plus marquée : sombre introspection sur le sens de la vie (et donc de la mort) dans Le Goût de la cerise (1997), ou réflexion becketienne lumineuse sur la mort (et donc la vie) avec Le Vent nous emportera (1999). C’est aussi à partir de ces films qu’il va mettre en place un dispositif de tournage inventif, qui s’impose comme une signature (voire presque un cliché le concernant) : son utilisation de la voiture comme « fenêtre caméra » en mouvement, à la fois ouverte sur le monde et espace clos ou l’expression peut se libérer face à un régime de plus en plus autoritaire. Le paradoxe de l’enfermement comme lieu de l’émancipation. C’est le dispositif qui est au cœur de Ten (2002) dont l’intégralité de l’action se déroule dans l’habitacle d’une voiture. On y suit les discussions entre la conductrice et ses différents passagers, soit un enfant, soit d’autres femmes. Un dispositif qui déplace les cadres de la mise en scène et un parti pris minimaliste qu’il explorera jusqu’à son ultime film achevé de manière posthume, 24 Frames (2017). Un film contemplatif à la croisée du cinéma, de la photo, de l’art vidéo et pictural, mélange de captations réalistes et d’artifices numériques, à la bande sonore extrêmement travaillée. D’une grande force poétique, à la fois ultra simple et ultra conceptuel, 24 Frames est le parfait résumé de l’œuvre d’Abbas Kiarostami et de son cinéma : un cadre, une fenêtre ouverte3qui laisse toujours un espace essentiel, une liberté fondamentale au regard de son spectateur. Un cinéma fait de signes, d’instants minimes, d’échos, de légères modulations, douces variations, équilibre et dissonances.

Une œuvre comme un parcours plus sinueux qu’il en a l’air. C’est un chemin qui partirait du visage d’un enfant. Et devant l’impossibilité d’en décrire réellement le désarroi ontologique, le tracé de ce chemin aurait joué d’artifices pour bifurquer doucement vers une abstraction en quête d’harmonie.

Comme si l’image matrice, ce visage de l’enfance, s’était peu à peu mué en un arbre solitaire et mystérieux :

 « – Après le chemin en lacets, on arrive à un arbre isolé.
– Et après l’arbre, qu’est ce qu’il y a ?

Rien. »

(Le Vent nous emportera)

L’exposition « Abbas Kiarostami, les chemins de la liberté » se tiendra au centre Pompidou, jusqu’au 21 juillet 2021.
La rétrospective Carlotta Films est constituée de :
Où est la maison de mon ami ? (1987)
Et la vie continue (1991)
Au travers des oliviers (1994)
Le costume de mariage (1976) projeté avec Le Chœur (c.m., 1982)
Le passager (1974) projeté avec Récréation (c.m., 1972)
Expérience (1973) projeté avec Le pain et la rue (c.m., 1970)
Deux solutions pour un problème (c.m., 1975) projeté avec Cas n° 1, cas n° 2 (1979)
Devoirs du soir (1989) projeté avec Hommage aux professeurs (c.m., 1977)
Les élèves du cours préparatoire (1985) projeté avec Moi aussi je peux (c.m., 1975)
Ordre ou désordre (1980) projeté avec Le concitoyen (c.m.,1983)
En vidéo aux éditions Potemkine :
Coffret DVD/Blu-ray « Les années Kanoon » rassemblant 18 courts et long-métrages rares ou inédits en France
Coffret DVD et Blu-ray de la trilogie de Koker (Où est la Maison de mon ami ?, Et la Vie continue, Au Travers des oliviers), incluant des compléments inédits (analyses de films, séquences commentées par Abbas Kiarostami, documentaire sur le réalisateur)
Combo DVD/Blu-ray du Goût de la cerise avec en complément une analyse de film et d’un documentaire inédit de Bahman Kiarostami
Combo DVD/Blu-ray du Vent nous emportera, accompagné d’analyse de film et d’un entretien avec Abbas Kiarostami
Agnès Devictor, maître de conférence en histoire du cinéma et spécialiste du cinéma et du mon culturel iranien, et Jean-Michel Frodon, enseignant et critique (Le Monde, Les Cahiers du cinéma et Slate aujourd’hui) signent avec Abbas Kiarostami, L’œuvre ouverte une monographie imposante, rigoureuse et exhaustive, richement illustrée. Un ouvrage qui a l’excellente idée retracer le parcours du cinéaste film après film, mais qui explore aussi les autres facettes du cinéaste : sa photographie, sa poésie, son travail pour le spectacle vivant ou encore ses installations artistiques. Essentiel.
Gallimard, 280 pages, 29€.
Tout aussi indispensable, optant aussi pour une pertinente approche film par film, Un cinéma de questions – Conversations avec Abbas Kiarostami rassemble pour la première toute une série d’entretiens menés par le cinéaste avec le critique américain Godfrey Cheshire au cours des années 1990. Abordant la plupart de ses films de la période Kanoon jusqu’à Le Vent nous emportera,  Kiarostami revient avec sincérité, malice et intelligence sur son parcours, ses méthodes de travail, ses aspirations et son pays. La parole précieuse d’un cinéaste qui ne se considérait pas cinéphile et pour qui  « La poésie est le cœur de la vie. On en trouve parfois plus dans le quotidien que dans les livres ».
Éditions Carlotta, 200 pages, 12€.
À noter aussi la sortie de Kiarostami de Youssef Ishaghpour qui rassemble les deux ouvrages passionnants que l’essayiste français d’origine iranienne avait consacrés au cinéaste, Kiarostami, le réel, face et pile (2001) et Dans et hors les murs (2012).
Verdier, 310 pages, 10€.

[1] Selon la belle formule d’Alain Bergala dans Abbas Kiarostami, Les Petits Cahiers, éditions Cahiers du Cinéma (2003).

[2] Cinéastes de notre temps, Abbas Kiarostami, vérités et songes, réalisé par Jean-Pierre Limosin (1994).

[3] La Leçon de cinéma d’Abbas Kiarostami, en bonus de l’édition vidéo du Vent nous emportera.

[4] Entretien avec Ahmad Kiarostamo, bonus du Blu-ray Criterion) d’Au travers des oliviers.


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Abbas Kiarostami, l’art de l’enfance — Revus & Corrigés | Rajah Al Hurra · 4 juin 2021 à 21 h 23 min

[…] Abbas Kiarostami, l’art de l’enfance. — Revus & Corrigés […]

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