JE SUIS UN AVENTURIER (1954), Super Mann

Les cinq westerns qu’Anthony Mann a tourné avec James Stewart ont réfléchi un Ouest âpre, violent et propice aux personnages de sociopathes. Je suis un aventurier, réalisé en 1954, ne déroge pas à la règle, tout en offrant les paysages majestueux du grand Nord et de la frontière avec le Canada.

LA RÈGLE DU JEU (1939), l’ours et le lapin

Sorti à la veille de la Seconde Guerre mondiale, LA RÈGLE DU JEU a bousculé la France de 1939 à la fois par son extrême lucidité sur la société et son aspect de théâtre bouffon des vanités. Le film a maintenant un statut de chef-d’œuvre visionnaire qui cache peut-être les marques de sa fabrication douloureuse et la grandeur du Jean Renoir comédien.

LETTRE D’UNE INCONNUE (1948), le bonheur n’existe pas

Un cinéaste allemand, un écrivain autrichien, un comédien français et une actrice britannique, cela donne le film le plus européen de la période américaine de Max Ophüls, une incursion dans la mémoire d’une amoureuse passionnée. Lettre d’un inconnue ressort cette semaine en salles en version restaurée 4K.

LE LIT CONJUGAL (1963), scènes de vie à l’italienne

Figure massive et généreuse, des yeux clairs quasi-enfantins, et une éternelle barbe en collier : le visage de Marco Ferreri est peut-être plus connu que son œuvre, trop souvent réduite au seul triomphe commercial de sa carrière, La Grande Bouffe, film énorme et débordant, comme l’arbre qui cache la forêt, constituée de 35 films en 40 ans de carrière, tournés sur quasiment tous les continents, et avec les plus grandes stars. Le Lit conjugal (1963) fait partie des ressorties salles et vidéo chez Tamasa, ainsi que de la prochaine rétrospective à la Cinémathèque française.

OUT OF THE BLUE (1980), no country for young girl

Sorti 11 ans après Easy Rider, Out of the Blue se positionne comme un film fondateur : brutal, sans filtre et transgressant en permanence les codes établis par Dennis Hopper une décennie plus tôt. C’est une histoire d’innocence brisée qui ressort cette semaine en salles, en version restaurée, celle de cette adolescente, et celle de l’Amérique.

SOY CUBA (1964), grâce et fureur

Longtemps resté invisible après sa sortie en 1964, Soy Cuba est redécouvert par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola qui le ressortirent en salles en 1995. Première coproduction soviéto-cubaine destinée à promouvoir la révolution cubaine dans le monde, Soy Cuba est davantage un manifeste esthétique et poétique pour une croyance absolue du cinéma. Récemment restauré en 4K le film de Mikhaïl Kalatozov retrouve les écrans.

EIGHTEEN SPRINGS (1997), méli-mélo à Shanghaï

Ancienne assistante de l’immense King Hu, Ann Hui a réalisé vingt-sept longs-métrages depuis The Secret, en 1979. Son quatrième film, Boat People, marque tant les esprits qu’il éclipse la filmographie passionnante de la cinéaste hong-kongaise. La sortie en Blu-ray du méconnu Eighteen Springs, beau mélodrame romanesque au sous-texte politique, vient confirmer cette impression.

Cannes Classics : CHÈRE LOUISE de Philippe de Broca (1972)

Portrait de femme tendre et mélancolique portée par Jeanne Moreau, Chère Louise est un des grands oubliés de la filmographie de De Broca. Sorti en 1972, échec critique et public, le film marque une véritable prise de risque dans la carrière du cinéaste. Une présentation à Cannes Classics en forme de réhabilitation près de 50 ans après son accueil glacial sur la Croisette.

Cannes Classics : F FOR FAKE (1973) d’Orson Welles

Présenté au Festival de Cannes 2021, en version restaurée dans la section Cannes Classics, F for Fake (1973) d’Orson Welles est un essai à la portée toujours remarquable sur l’image et ses falsifications. Ou comment, même dans la dernière partie de sa carrière, Orson Welles avait encore et toujours cinquante ans d’avance sur ses contemporains.

Abbas Kiarostami, l’art de l’enfance.

Évènement repoussé avec la crise sanitaire, le cinéma d’Abbas Kiarostami est enfin de retour en salle. Mais pas que : cette grande rétrospective est accompagnée par des éditions vidéo DVD/Blu-ray, la publication de trois ouvrages, et une exposision au Centre Pompidou à Paris. Le cinéaste iranien, disparu il y a cinq ans, auréolé d’une palme d’or pour Le Goût de la cerise en 1997, est l’auteur d’une œuvre inépuisable qui fut enfin reconnue sur la scène internationale au début des années 1990. Il était alors déjà en activité depuis près de 20 ans, et autant de films réalisés pour le Kanoon, l’Institut pour le développement intellectuel de la jeunesse en Iran. Des films restés longtemps inédits qui ont pour figure principale un visage d’enfant, image originelle qui va imprégner la suite de son œuvre.

THE WICKER MAN (1973), soleil trompeur

De retour en salle, le film emblématique de Robin Hardy convie encore et toujours son spectateur à un voyage hors-du-commun dans le cinéma de genre britannique. Le singulier The Wicker Man fait rimer cinéma d’épouvante, comédie musicale et absurde, avec toute la liberté caractéristique des années 1970, dans un pamphlet contre les bonnes mœurs au magnétisme inaltéré.

L’AVVENTURA (1960), naissance du vide

Film emblème de la modernité européenne et acte de naissance du grand œuvre de Michelangelo Antonioni après une première période de recherches et d’expérimentations (La Dame sans Camélia, Le Cri…), L’Avventura ressort enfin en salles de cinéma et déplie une nouvelle fois sous nos yeux son voile de mystère opaque, toujours plus fascinant.

Qui chante là-bas ? (1980) ou il était une fois en Yougoslavie

Redécouvrir Qui chante là-bas ?, premier film de Slobodan Sijan, triomphe à sa sortie dans son pays, et qui remporta aussi un très beau succès en France, c’est plonger au cœur d’un pays qui n’existe plus, et découvrir les prémices du destin funeste de la Yougoslavie, sous la forme d’une fable picaresque et truculente qui s’inscrit de plain-pied dans son époque.

Plogoff (1980), de Nicole Le Garrec : Lutte centrale

A la fin des années 70, un village d’irréductibles bretons se mobilise face à la volonté du gouvernement d’implanter une centrale nucléaire sur leur terre. Dès le premier jour, Nicole et Félix Le Garrec sont là, caméra au poing. Pendant six semaines, ils filment leur quotidien rythmé par les manifestations face aux CRS. Des images qui, quarante après, résonnent plus que jamais avec l’actualité.

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