Ida Lupino définit l’innommable avec OUTRAGE (1950)

Connue avant tout pour son talent d’actrice, la sortie restaurée le 9 septembre d’Outrage, le troisième film d’Ida Lupino distribué par le Théâtre du Temple, nous permet de redécouvrir également son travail en tant que réalisatrice et productrice. Un film fort tentant de traiter de l’indicible (le viol et ses conséquences) au sein d’un Hollywood encore censuré par le code Hays.

LA POURSUITE IMPITOYABLE (1966), quand Arthur Penn passe de la meute à l’émeute

À quel moment une foule qui demande justice dérape et jusqu’où peut-elle aller, abreuvée de fantasmes à s’en assoiffer de sang ? C’est la question que nous pose Arthur Penn avec La Poursuite impitoyable, qui replace un Marlon Brando admirable en ultime rempart de la loi, abandonné au milieu d’une ville hystérique à l’arrivée d’un évadé présumé coupable, incarné par Robert Redford. Un samedi soir sous haute tension aussi fiévreux que glaçant, et qui n’épargne rien… ni personne.

Kirk Douglas roi du ring dans LE CHAMPION (1949)

Le 20 février 2020, Kirk Douglas tirait sa révérence à 103 ans, un âge tout aussi légendaire que la carrière qu’il s’est forgée sur le grand écran. La première pierre posée à l’édifice de son monument est sans aucun doute Le Champion de Mark Robson édité en DVD et Blu-ray chez Rimini Éditions et dans lequel l’acteur y incarne un boxeur plus vrai que nature. Un rôle qui lui va comme un gant, notamment à cause de son profil d’outsider transcendant un Kirk Douglas qui a connu un début de vie difficile et est parvenu à se hisser hors d’une misère sociale à la seule force des bras.

MYSTERY MEN (1999) – Super zéros cinematic universe

Bien avant les récentes bandes de super héros sabordées par leurs propres studios, il existait ce savoureux OVNI foutraque qu’est Mystery Men. Le film de Kinka Usher vaut encore et surtout pour l’assemblage improbable et très sympathique qu’il représente à l’écran, retournant le schéma éculé aujourd’hui du héros-concept en mettant en avant l’humain, si dénué de talent soit-il, derrière le costume et parvient, dans un n’importe quoi assumé, à trouver un curieux équilibre entre désir d’anti-système et blagues de prout.

THE BLUES BROTHERS (1980) – Black and White

Difficile de trouver un film dont le capital sympathie est plus fort que celui des Blues Brothers de John Landis. Il fait aujourd’hui partie des incunables, de ces œuvres cultes du cinéma américain des années 80, qu’on se plaît à voir, revoir, à partager avec les jeunes générations, notamment avec cette édition célébrant son 40e anniversaire.

MISSISSIPPI BURNING (1988) – Justice et ségrégation

Puisqu’on parle beaucoup ces temps-ci – et à raison – de racisme et de violences policières, c’est peut être l’occasion de se replonger dans Mississipi Burning d’Alan Parker. Un film de flics, tentant de rétablir une justice dans une Amérique où l’inégalité, la ségrégation, et donc, le racisme et la violence, sont la norme. Cela s’est passé dans le Sud des États-Unis, il n’y a pas si longtemps…

WINGS OF HOPE (1998) – L’échappée belle

Documentaire réalisé pour la télévision en 1998, Wings of Hope revient sur le crash du vol LANSA 508 en pleine forêt amazonienne, le 24 décembre 1971. Juliane Koepcke, jeune Allemande expatriée au Pérou alors âgée de dix-sept ans, fut la seule survivante des quatre-vingt douze passagers de l’avion, parmi lesquels ses deux parents. Plus de vingt-cinq ans plus tard, elle retourne avec Werner Herzog sur les lieux de l’accident et refait avec lui l’incroyable marche qu’elle effectua, seule dans la jungle pendant plus de dix jours, avant d’être secourue par trois indigènes aux abords d’une rivière.

VICE SQUAD (1982), une plongée dans l’enfer de la cité des anges

Même au fond du caniveau le plus sordide, la loi existe encore. C’est notamment à la brigade des mœurs qu’incombe ce sale boulot : nettoyer ces rues ténébreuses oubliées à la nuit par la société. Vice Squad nous fait déambuler dans ce Los Angeles des années 1980, une jungle urbaine sombre et brutale dans laquelle cette poignée de flics lutte à la marge avec l’énergie du désespoir. Une pépite du cinéma d’exploitation américain aux accents tristement contemporains suggérée par Jean-Baptiste Thoret dans sa collection Make My Day.

Bis Bis Bis, Hourra ! –
LES EXTERMINATEURS DE L’AN 3000 / ATOMIC CYBORG

Le bis italien fut tout autant vilipendé qu’idolâtré. Voilà un cinéma qui mit des pépites dans les yeux de ceux qui l’ont découvert dans les salles à Paris, tant qu’en régions. On pénétrait dans une salle pour voir des Tarkovski ou Spielberg, avant de s’engouffrer dans une autre (parfois par la sortie de secours) où l’on se délectait des bisseries déviantes de Castellari, Deodato, Mattei et consorts. Deux bandes cultes sont éditées aujourd’hui en vidéo : Les Exterminateurs de l’An 3000 et Atomic Cyborg. Redécouvrons-les sans nostalgie, sans ironie, ni cynisme, qui ont trop souvent cours quand on évoque ce cinéma à jamais disparu.

Miami Vice – Deux hommes dans la ville

Évocation phare de la série américaine des années 1980, Miami Vice (Deux flics à Miami) est une histoire de flics meurtris aux apparences trompeuses. Le film est à revoir à l’aune d’une modernité qu’il a engendré, que ce soit dans le paysage télévisuel et dans la conception du polar. Un moment de grâce faussement kitsch, baigné dans l’univers de son producteur, Michael Mann.

LE TRAIN (1964), l’art de la poursuite selon John Frankenheimer

C’est l’un des films d’action les plus ébouriffants des années 1960, également l’un des chefs-d’œuvre de John Frankenheimer, cinéaste qui a été touché par la grâce l’espace de quelques années. Avec son Burt Lancaster à la gueule burinée, prêt à tout pour empêcher les nazis de dévaliser les réserves du Jeu de Paume, Le Train réfléchit sur la valeur de l’art et le sens du sacrifice. Ou quand Van Gogh et Manet sont prétextes à une course-poursuite ferroviaire des plus hallucinantes.

TRAIN DE NUIT DANS LA VOIE LACTÉE (1985), songe d’une nuit éthérée

Il faut parfois saisir la chance qu’offrent certaines sorties vidéo pour découvrir des grands films encore inédits. C’est le cas avec ce bouleversant long-métrage de Gisaburo Sugii sorti en 1985, dans lequel le réalisateur japonais ouvre la voie à un voyage onirique à travers les étoiles et qui n’a rien à envier aux chefs-d’œuvre incontestés de l’animation.

CARTOUCHE (1962), Belmondo en brigand bien aimé

Personnage historique et star de la Nouvelle Vague, le mélange n’avait d’évident pour plaire au grand public. Mais les talents conjugués de Philippe de Broca et Jean-Paul Belmondo ont su faire de Cartouche une grande aventure romanesque et populaire, dans la pure tradition des œuvres de cape et d’épée. Premier succès d’une longue série de collaborations entre le cinéaste et l’acteur.

VOYAGE À DEUX (1967) – Discours amoureux fragmenté

Quel meilleur moyen pour savoir comment va son couple que de le confronter aux vacances ? C’est de cette manière, très romanesque, que Stanley Donen radiographie la relation amoureuse dans Voyage à deux, qui vient de ressortir en Blu-ray. Un film à la fois glamour et désespéré, drôle et déchirant, virevoltant et introspectif : comme l’amour en somme.

Et Clouzot… (re)créa Bardot dans LA VÉRITÉ (1960)

Lorsque la passion amoureuse pousse à commettre l’irréparable, le film d’Henri-Georges Clouzot interroge en fond notre société qui ne juge que par ses mœurs établies. Seuls les protagonistes, interprétés par Brigitte Bardot et Sami Frey, connaissent la vérité, insaisissable par les juges, les jurés et les avocats. Une œuvre en avance sur son époque, et toujours d’actualité.

Il était une fois 1969 : Willie Boy, contre l’amnésie et le silence de l’Amérique

1909. Une ombre saute d’un train en marche pour rejoindre la réserve californienne de Morongo. C’est Willie Boy, mystérieux indien païute de retour d’on ne sait où, revenu épouser sa promise selon les traditions ancestrales. Après un incident qui provoque la mort de deux indiens et la fuite du couple à travers les étendues sauvages, le taiseux shériff Coop se lance à leur poursuite. Mais où court donc Willie Boy, dans ces espaces nus et désolés que l’homme Blanc a déjà cent fois parcouru et où les siens, exterminés ou parqués dans des réserves à l’abri des regards, ne sont déjà plus qu’un souvenir ?

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