Tendres Passions (1983), raviver la flamme

Premier film de James L. Brooks, adapté du roman de Larry McMurtry, Tendres Passions, cochant tous les malheurs et les joies du mélodrame hollywoodien, n’est pas épargné par la critique française, malgré (ou à cause) de ses 5 Oscars. Heureusement, aux États-Unis comme en France, le public suit, alors même qu’il n’y a rien de plus cruel que les parfaits mélodrames.

Super Express 109, a.k.a The Bullet Train (1975), un cinéma catastrophe révolté

Alors que le nouveau Brad Pitt, Bullet Train, est toujours sur les écrans, Super Express 109, également connu sous le titre The Bullet Train, réalisé par Jun’ya Satō, connaît les honneurs d’une sortie vidéo en version intégrale. Produit par la Toei, ce blockbuster, mêlant cinéma catastrophe, policier, social et politique, a marqué au-delà du Japon, influençant plusieurs films d’action américains, jusqu’à en reprendre le titre.

Mr KLEIN (1976), la quête d’identité

C’est sans doute le film sur la rafle du Vel’d’Hiv dont on commémorera dans une dizaine de jours le 80e anniversaire. C’est aussi le film de l’acteur-producteur qui est sans doute, à ce moment-là, la plus grande star du cinéma français, Alain Delon (actuellement à l’honneur au festival La Rochelle Cinéma), dans une quête de déconstruction de sa propre image. C’est enfin le film d’un cinéaste singulier et inclassable, Joseph Losey (récemment au cœur d’une rétrospective à la Cinémathèque française) qui a mis en images ce cauchemar honteux et traumatique de l’Histoire française.

Bandes de féministes : les femmes en action sur Tënk

De la solitude du foyer domestique à la découverte d’une sororité militante par le biais de groupes de parole ou de manifestations, la collection « Bandes de féministes », disponible sur Tënk jusqu’au 31 juillet, montre en sept documentaires franco-québécois l’effervescence des revendications féministes dans les années 70 et 80. Favorisés par l’émergence de la caméra vidéo portable, ces films témoignent de manière exceptionnelle du vécu des femmes à l’époque où la libération est encore loin d’être acquise.

LA MAMAN ET LA PUTAIN (1973), enfin

Le 17 mai dernier, la sélection Cannes Classics du Festival de Cannes s’ouvrait sur la projection de La Maman et la Putain de Jean Eustache, le secret le mieux gardé de la cinéphilie française. En 1973, Jean Eustache présentait son film sur la Croisette. Film provoquant et instinctif, le Grand prix du Jury qui lui est accordé nourrit la légende en train de s’écrire d’un film qui sera par la suite longtemps bloqué et dont nous découvrons aujourd’hui la version restaurée.

VARIETY (1983), masculin féminin

Bouleversant les codes du film noir, Bette Gordon aborde le milieu de la pornographie dans le New York des années 80, lugubre et étincelant de néons. Entre voyeurisme et exhibitionnisme, Variety porte un regard féminin affranchi sur cet univers toujours au cœur des débats.

Cannes Classics : L’ADVERSAIRE (1970) de Satyajit Ray

Avec L’Adversaire (1970), présenté dans la sélection Cannes Classics de cette 75e édition du Festival de Cannes, Satyajit Ray passe du film noir à la comédie, du cinéma-vérité au fantastique, pour décrire le trouble de ce jeune étudiant confronté au monde du travail, des adultes et de la ville, dans une Calcutta noyée entre le conservatisme et la modernité.

SOLO (1970), l’amertume du monde qui ne bouge pas

Tourné au lendemain de Mai-68, Solo montre une jeunesse dont la seule réponse à l’hypocrisie ambiante des dernières années de De Gaulle est la violence. Trublion inclassable du cinéma français, Jean-Pierre Mocky poursuit, tout au long des années 1960, une esquisse implacable de cette société française coincée, avec Solo comme paroxysme.

JE SUIS UN AVENTURIER (1954), Super Mann

Les cinq westerns qu’Anthony Mann a tourné avec James Stewart ont réfléchi un Ouest âpre, violent et propice aux personnages de sociopathes. Je suis un aventurier, réalisé en 1954, ne déroge pas à la règle, tout en offrant les paysages majestueux du grand Nord et de la frontière avec le Canada.

LA RÈGLE DU JEU (1939), l’ours et le lapin

Sorti à la veille de la Seconde Guerre mondiale, LA RÈGLE DU JEU a bousculé la France de 1939 à la fois par son extrême lucidité sur la société et son aspect de théâtre bouffon des vanités. Le film a maintenant un statut de chef-d’œuvre visionnaire qui cache peut-être les marques de sa fabrication douloureuse et la grandeur du Jean Renoir comédien.

LETTRE D’UNE INCONNUE (1948), le bonheur n’existe pas

Un cinéaste allemand, un écrivain autrichien, un comédien français et une actrice britannique, cela donne le film le plus européen de la période américaine de Max Ophüls, une incursion dans la mémoire d’une amoureuse passionnée. Lettre d’un inconnue ressort cette semaine en salles en version restaurée 4K.

LE LIT CONJUGAL (1963), scènes de vie à l’italienne

Figure massive et généreuse, des yeux clairs quasi-enfantins, et une éternelle barbe en collier : le visage de Marco Ferreri est peut-être plus connu que son œuvre, trop souvent réduite au seul triomphe commercial de sa carrière, La Grande Bouffe, film énorme et débordant, comme l’arbre qui cache la forêt, constituée de 35 films en 40 ans de carrière, tournés sur quasiment tous les continents, et avec les plus grandes stars. Le Lit conjugal (1963) fait partie des ressorties salles et vidéo chez Tamasa, ainsi que de la prochaine rétrospective à la Cinémathèque française.

OUT OF THE BLUE (1980), no country for young girl

Sorti 11 ans après Easy Rider, Out of the Blue se positionne comme un film fondateur : brutal, sans filtre et transgressant en permanence les codes établis par Dennis Hopper une décennie plus tôt. C’est une histoire d’innocence brisée qui ressort cette semaine en salles, en version restaurée, celle de cette adolescente, et celle de l’Amérique.

SOY CUBA (1964), grâce et fureur

Longtemps resté invisible après sa sortie en 1964, Soy Cuba est redécouvert par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola qui le ressortirent en salles en 1995. Première coproduction soviéto-cubaine destinée à promouvoir la révolution cubaine dans le monde, Soy Cuba est davantage un manifeste esthétique et poétique pour une croyance absolue du cinéma. Récemment restauré en 4K le film de Mikhaïl Kalatozov retrouve les écrans.

EIGHTEEN SPRINGS (1997), méli-mélo à Shanghaï

Ancienne assistante de l’immense King Hu, Ann Hui a réalisé vingt-sept longs-métrages depuis The Secret, en 1979. Son quatrième film, Boat People, marque tant les esprits qu’il éclipse la filmographie passionnante de la cinéaste hong-kongaise. La sortie en Blu-ray du méconnu Eighteen Springs, beau mélodrame romanesque au sous-texte politique, vient confirmer cette impression.

Cannes Classics : CHÈRE LOUISE de Philippe de Broca (1972)

Portrait de femme tendre et mélancolique portée par Jeanne Moreau, Chère Louise est un des grands oubliés de la filmographie de De Broca. Sorti en 1972, échec critique et public, le film marque une véritable prise de risque dans la carrière du cinéaste. Une présentation à Cannes Classics en forme de réhabilitation près de 50 ans après son accueil glacial sur la Croisette.

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