L’HOMME DU SUD (1945), la mythologie américaine selon Jean Renoir

>Film à la fois profondément américain et profondément emprunt de l’âme de Jean Renoir, L’Homme du Sud capture une mythologie du territoire en parallèle d’un contexte social. Alors que la guerre touche à sa fin en Europe, le cinéaste exilé affirme un film plus personnel qui se confronte dans le même temps aux limites du système hollywoodien.

LA BEAUTÉ DES CHOSES (1995) ou l’amour interdit

Dernier film de Bo Widerberg, La Beauté des choses flirte avec l’autoportrait testamentaire  – le cinéaste décèdera deux ans après la sortie. Les souvenirs de jeunesse se mêlent à une chronique adolescente autour d’un amour interdit entre un lycéen et sa professeur, et la découverte de la sexualité, déséquilibrée, incandescente et risquée.

AMERICAN GRAFFITI (1974) et l’Americana dans le rétroviseur de George Lucas

Aussitôt occulté par l’ombre de Star Wars, le deuxième long-métrage de George Lucas mérite que l’on y rejette un coup d’œil. À travers le prisme faussement nostalgique envers la décennie précédente, American Graffiti se révèle surtout par sa reconstitution d’une fin de l’innocence rituelle et révolue, observée depuis cette Amérique traumatisée du début des années 70.

LA BALLADE DE NARAYAMA (1983) – Retraite spirituelle

Couronné au Festival de Cannes, la version restaurée du chef-d’œuvre de Shohei Imamura est désormais disponible en vidéo. Un long-métrage qui ne s’impose aucune barrière pour dépeindre un Japon rural et ses traditions, que les plus récentes générations nippones cherchent à oublier. Pourtant, nourrie des obsessions du cinéaste, cette vision traduit le sens même du cycle de la vie, révélant parfois sa cruauté concernant le sort réservé à nos plus anciens.

Alain Delon et ses fantômes dans LE PROFESSEUR (1972)

Étonnant film dans une période où Alain Delon était en pleine recherche de singularité, Le Professeur ressort en version restaurée et retrouve sa « version longue » 47 ans après que son producteur, Delon lui-même, ait imposé de multiples coupes pour la sortie françaises. Fidèle à son réalisateur Valerio Zurlini, Le Professeur est avant tout une histoire d’ennui existentiel.

Grandeur et décadence des Anges de l’Enfer (1930) d’Howard Hughes

Superproduction démesurée, production malade, caprice de gosse de riche… Le célèbre film d’aviation d’Howard Hughes, notamment immortalisé dans le Aviator de Martin Scorsese, n’a jamais manqué de se faire remarquer – mais pas toujours en bien. Les Anges de l’Enfer est le symbole-même d’une certaine décadence hollywoodienne, le film qui en fait trop à tous les égards, et qui, pourtant, parvient encore à épater aujourd’hui pour son échelle et ses images.

Cannibalisme et gâteaux dans Black Journal (1977) de Mauro Bolognini

Qui se souvient de Mauro Bolognini ? Parmi les grands cinéastes italiens, le public citera Federico Fellini, Sergio Leone, Pier Paolo Pasolini, Bernardo Bertolucci, Ettore Scola, Roberto Rossellini… Même les plus cinéphiles semblent avoir oublié le cinéaste de La Dame aux Camélias, avec Isabelle Huppert. Une rétrospective, qui se donne actuellement à la Cinémathèque française, vient à point nommer pour remettre à l’honneur ce grand cinéaste italien. Parmi ses films, on trouve Black Journal, œuvre monstre, enfin présentée dans une superbe version intégrale restaurée – 20 minutes supplémentaires ! –, mélange improbable de drame criminel, historique, film d’horreur, réflexion sur l’identité sexuelle, la maternité.

Les Aventures de Pinocchio (1975), plus belle adaptation du pantin de bois

Au même titre que Peter Pan, Alice ou, plus près de nous, Harry Potter, Pinocchio fait partie de ces mythes populaires récents qui résonnent aussi bien à l’esprit des enfants que des adultes. L’adaptation animée de Walt Disney n’est pas étrangère à la popularité du célèbre pantin de bois, même si elle a en trahi l’esprit et la lettre. En offrant sa version initialement tournée pour la télévision italienne en 1972, le cinéaste Luigi Comencini revient non seulement aux sources du conte feuilletonesque de Carlo Collodi paru à la fin du XIXème siècle, mais il livre un des plus beaux manifestes sur l’enfance.

TERREUR SUR LE BRITANNIC (1974), thriller efficace à réévaluer

Flop commercial à sa sortie, film oublié depuis, Terreur sur le Britannic (Juggernaut en Anglais) a aussi pâti du déficit d’attention dont souffre la carrière (inégale) de Richard Lester. Sa réédition en version restaurée offre néanmoins l’opportunité de redécouvrir un thriller qui a peut-être été injustement traité, plus efficace qu’il n’y paraît, et surtout accompagné d’un remarquable casting.

BEAU-PÈRE de Bertrand Blier (1981) – Le perdant magnifique

Beau-père fait partie de la série des quatre chefs-d’œuvre qui ont jalonné la fin de carrière de cet immense comédien, Patrick Dewaere, disparu tragiquement le 16 juillet 1982. C’est même le dernier, chronologiquement parlant, de ce florilège, après Série Noire (1979) d’Alain Corneau, Un Mauvais fils (1980) de Claude Sautet et Hôtel des Amériques (1981) d’André Téchiné. Un dernier grand film, un chant d’adieu

Miracle en Alabama (1962) ou les sens de l’Amérique

Tiré de l’autobiographie d’Helen Keller, adaptée par Arthur Penn à la télévision, au théâtre et enfin au cinéma, Miracle en Alabama déploît le combat pour la reconnaissance, l’éducation et l’amour d’une enfant sourde et aveugle – et de son éducatrice – dans une Amérique puritaine où les normes font loi. Une grande leçon d’humanité pour les petits et les grands.

Il était une fois 1969 : Daddy’s Gone A-Hunting

C’est un des films hollywoodiens les plus curieux de la décennie, et sans doute un des plus atypiques de cette année 1969. Daddy’s Gone A-Hunting, thriller surfant sans ambiguïté sur le succès monstre de Rosemary’s Baby sorti trois ans plus tôt, suit les errances angoissés et peut-être paranoïaques d’une jeune femme enceinte persuadée d’être poursuivie par un ancien amant meurtrier.

L’ARRANGEMENT (1969), Elia Kazan et son miroir brisé

C’est Marlon Brando qui aurait du avoir le rôle. Celui d’Eddie Anderson, Evangelos Topouzoglou, fils d’immigré grec touché par la grâce du rêve américain -la publicité- qui, un beau jour, précipite sans crier gare sa belle cylindrée blanche sous les roues d’un camion. Pourquoi ce geste ? C’est tout l’objet de ce film de 1969 d’Elia Kazan dont le personnage principal, survivant de justesse à son suicide manqué, entre en profonde crise existentielle

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