Cinéma de minuit, cinéma de tous temps – Entretien avec Patrick Brion

Il est la voix qui fait vivre depuis près de 45 ans le Cinéma de minuit sur France Télévisions. Patrick Brion, c’est une vie cinéphile, consacrée à montrer des films, faire renaître les grands auteurs, redécouvrir des talents oubliés. Et à cet égard, toute l’aventure de son émission est aussi une question continue : comment montrer du cinéma ? Ou lorsque l’histoire du cinéma vient se confondre avec l’histoire de la télévision.

Miami Vice – Deux hommes dans la ville

Évocation phare de la série américaine des années 1980, Miami Vice (Deux flics à Miami) est une histoire de flics meurtris aux apparences trompeuses. Le film est à revoir à l’aune d’une modernité qu’il a engendré, que ce soit dans le paysage télévisuel et dans la conception du polar. Un moment de grâce faussement kitsch, baigné dans l’univers de son producteur, Michael Mann.

LE TRAIN (1964), l’art de la poursuite selon John Frankenheimer

C’est l’un des films d’action les plus ébouriffants des années 1960, également l’un des chefs-d’œuvre de John Frankenheimer, cinéaste qui a été touché par la grâce l’espace de quelques années. Avec son Burt Lancaster à la gueule burinée, prêt à tout pour empêcher les nazis de dévaliser les réserves du Jeu de Paume, Le Train réfléchit sur la valeur de l’art et le sens du sacrifice. Ou quand Van Gogh et Manet sont prétextes à une course-poursuite ferroviaire des plus hallucinantes.

Les derniers hommes

Alors que deux films post-apocalyptiques devaient prochainement sortir, Sans un bruit 2 de John Krasinski et Light of my Life de Casey Affleck, leur actualité fictive de fin du monde s’est confrontée à la véritable actualité – le film de Krasinski étant d’ailleurs reporté à une date ultérieure. Avec la politique de confinement qui se profile, la question du genre post-apocalyptique se pose de nouveau, pas tant sur l’idée de fin du monde en elle-même que plutôt sur l’après, entre la survie des derniers hommes de l’humanité et l’idée d’un monde nouveau à reconstruire… s’il en vaut la peine

Eastwood à fleur de peau

À bientôt quatre-vingt-dix ans – précisons-le en toutes lettres pour bien s’en rendre compte – Eastwood sort son nouveau film, Le Cas Richard Jewell. De nouveau, il s’est retiré de devant la caméra, faisant de son précédent long-métrage La Mule une ultime borne comme œuvre dans une carrière d’acteur-réalisateur. Et surtout, l’épiphanie de comment Eastwood s’est filmé lui-même, portant sur son visage vieilli cinquante ans d’Amérique.

LA BEAUTÉ DES CHOSES (1995) ou l’amour interdit

Dernier film de Bo Widerberg, La Beauté des choses flirte avec l’autoportrait testamentaire  – le cinéaste décèdera deux ans après la sortie. Les souvenirs de jeunesse se mêlent à une chronique adolescente autour d’un amour interdit entre un lycéen et sa professeur, et la découverte de la sexualité, déséquilibrée, incandescente et risquée.

Alain Delon et ses fantômes dans LE PROFESSEUR (1972)

Étonnant film dans une période où Alain Delon était en pleine recherche de singularité, Le Professeur ressort en version restaurée et retrouve sa « version longue » 47 ans après que son producteur, Delon lui-même, ait imposé de multiples coupes pour la sortie françaises. Fidèle à son réalisateur Valerio Zurlini, Le Professeur est avant tout une histoire d’ennui existentiel.

Grandeur et décadence des Anges de l’Enfer (1930) d’Howard Hughes

Superproduction démesurée, production malade, caprice de gosse de riche… Le célèbre film d’aviation d’Howard Hughes, notamment immortalisé dans le Aviator de Martin Scorsese, n’a jamais manqué de se faire remarquer – mais pas toujours en bien. Les Anges de l’Enfer est le symbole-même d’une certaine décadence hollywoodienne, le film qui en fait trop à tous les égards, et qui, pourtant, parvient encore à épater aujourd’hui pour son échelle et ses images.

Dix ans après, que reste-t-il d’AVATAR ?

Voilà une décennie ans qu’Avatar est sorti. Néanmoins, douze ans le séparaient déjà de Titanic, précédent raz-de-marée cinématographique de James Cameron. Alors que ses suites, constamment repoussées, se font attendre, l’héritage d’Avatar semble remis en question au sein de la culture populaire, qui, après les récentes évolutions hollywoodiennes, s’est souvent demandé s’il en restait quelque chose.

Jean Dréville, une épopée française

Qui, aujourd’hui, se souvient vraiment de Jean Dréville et de ses films, si ce n’est quelques membres précieux de la tribu cinéphile ? Son nom évoque quelques productions fastess, dont La Fayette, film le plus cher du cinéma français , ainsi qu’une série de films de guerre. Dréville porte avec lui tout un monde de cinéma des années 1930 aux années 1950, une « qualité française » plus originale et inventive que ce qu’on aime croire à ce sujet – une œuvre qui a même été parfois avant-gardiste.

TERREUR SUR LE BRITANNIC (1974), thriller efficace à réévaluer

Flop commercial à sa sortie, film oublié depuis, Terreur sur le Britannic (Juggernaut en Anglais) a aussi pâti du déficit d’attention dont souffre la carrière (inégale) de Richard Lester. Sa réédition en version restaurée offre néanmoins l’opportunité de redécouvrir un thriller qui a peut-être été injustement traité, plus efficace qu’il n’y paraît, et surtout accompagné d’un remarquable casting.

Adieux au Duke dans LE DERNIER DES GÉANTS (1976)

Dernier film de John Wayne, Le Dernier des géants a longtemps été dans l’ombre de L’Homme qui tua Liberty Valance. Réédité en version restaurée par Sidonis Calysta, il n’en reste pas moins toujours une formidable œuvre de Don Siegel et un moment déchirant de l’histoire du western, dans sa plus belle agonie.

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