EIGHTEEN SPRINGS (1997), méli-mélo à Shanghaï

Ancienne assistante de l’immense King Hu, Ann Hui a réalisé vingt-sept longs-métrages depuis The Secret, en 1979. Son quatrième film, Boat People, marque tant les esprits qu’il éclipse la filmographie passionnante de la cinéaste hong-kongaise. La sortie en Blu-ray du méconnu Eighteen Springs, beau mélodrame romanesque au sous-texte politique, vient confirmer cette impression.

Livre : David Fincher, l’obsession du mal

Dans un essai dense et passionnant, Juliette Goffart décortique les motifs récurrents du cinéma de David Fincher, tissant la toile des obsessions du réalisateur américain autour de la représentation de la violence physique et symbolique de la société américaine.

Cannes Classics : CHÈRE LOUISE de Philippe de Broca (1972)

Portrait de femme tendre et mélancolique portée par Jeanne Moreau, Chère Louise est un des grands oubliés de la filmographie de De Broca. Sorti en 1972, échec critique et public, le film marque une véritable prise de risque dans la carrière du cinéaste. Une présentation à Cannes Classics en forme de réhabilitation près de 50 ans après son accueil glacial sur la Croisette.

Cannes Classics : F FOR FAKE (1973) d’Orson Welles

Présenté au Festival de Cannes 2021, en version restaurée dans la section Cannes Classics, F for Fake (1973) d’Orson Welles est un essai à la portée toujours remarquable sur l’image et ses falsifications. Ou comment, même dans la dernière partie de sa carrière, Orson Welles avait encore et toujours cinquante ans d’avance sur ses contemporains.

Hollywood Breakdown en 100 films (1959-1969)

L’idée d’Hollywood Breakdown correspond à un moment du cinéma américain mal identifié, quelque part entre la fin des années 1950 et la fin des années 1960. Avant ce que conventionnellement, on appelle le Nouvel Hollywood. Il y a dans ces années-là un corpus de film, assez imposant si l’on accepte de les réunir malgré leurs différences, mettant en scène un mal être profond qui gagne les États-Unis et remet en question l’American Way of Life.

« Je me demandais quelle était ma part de complaisance par rapport à ces images » – Entretien avec Éléonore Weber, réalisatrice d’Il n’y aura plus de nuit

Avec Il n’y aura plus de nuit, le spectateur plonge dans un monde du regard où la caméra est une arme : son documentaire est constitué d’images « opérationnelles » d’hélicoptères de combat sur le « théâtre des opérations ». Ainsi, elle pose des questions fondamentales sur le rapport à la distance, à la fascination, voire même à la complaisances de ces images difficiles. Rencontre avec la cinéaste Éléonore Weber, pour décrypter ce travail rare et précieux.

VIENS ET VOIS (de loin)

La sortie du documentaire d’Éleonore Weber, Il n’y aura plus de nuit, constitué d’images vidéo de caméras d’hélicoptères de combat ayant fuité sur Internet, pose plusieurs questions fascinantes, pour le spectateur, sur le rapport à l’image de la guerre, et la distanciation. Un objet de cinéma hors du commun, paradoxalement constitué d’images non-cinéma, au centre d’une réflexion sur l’image-guerre particulièrement prégnante depuis l’émergence des drones.

Conversation avec Nicolas Saada, match retour

Avant que la vie ne reprenne, notamment avec la rouverture des lieux culturels, nous avons échangé une nouvelle fois avec Nicolas Saada – histoire de reprendre un dialogue cinéphile là où nous l’avions laissé. Une conversation au long cours et à bâtons rompus avec un ami de Revus & Corrigés, deux ans après notre première rencontre, histoire de parcourir de nouveau les mondes du cinéma et glisser quelques indices sur notre prochain numéro. En bref, il était temps de prendre des nouvelles et de faire le point.

Abbas Kiarostami, l’art de l’enfance.

Évènement repoussé avec la crise sanitaire, le cinéma d’Abbas Kiarostami est enfin de retour en salle. Mais pas que : cette grande rétrospective est accompagnée par des éditions vidéo DVD/Blu-ray, la publication de trois ouvrages, et une exposision au Centre Pompidou à Paris. Le cinéaste iranien, disparu il y a cinq ans, auréolé d’une palme d’or pour Le Goût de la cerise en 1997, est l’auteur d’une œuvre inépuisable qui fut enfin reconnue sur la scène internationale au début des années 1990. Il était alors déjà en activité depuis près de 20 ans, et autant de films réalisés pour le Kanoon, l’Institut pour le développement intellectuel de la jeunesse en Iran. Des films restés longtemps inédits qui ont pour figure principale un visage d’enfant, image originelle qui va imprégner la suite de son œuvre.

Une histoire de cinéma – De sang-froid, de la page à l’écran

En 1966, Truman Capote publie De Sang froid, un best-seller international et un classique de la littérature américaine qui relate l’assassinat d’une famille dans une petite ville du Middlewest. À peine le livre était-il dans les librairies que les studios hollywoodiens s’arrachèrent les droits d’adaptation. Et c’est le réalisateur Richard Brooks qui réussit brillamment à transposer en images les mots de Truman Capote. À l’occasion de la sortie de De sang-froid en DVD Blu-Ray chez Wild Side, Antoine Jullien raconte la genèse de cette tragique histoire criminelle, qui marqua aussi l’avènement du roman vérité.

THE WICKER MAN (1973), soleil trompeur

De retour en salle, le film emblématique de Robin Hardy convie encore et toujours son spectateur à un voyage hors-du-commun dans le cinéma de genre britannique. Le singulier The Wicker Man fait rimer cinéma d’épouvante, comédie musicale et absurde, avec toute la liberté caractéristique des années 1970, dans un pamphlet contre les bonnes mœurs au magnétisme inaltéré.

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