« Elizabeth Taylor a tourné dans un film dont le titre la résume entièrement : La Fille qui avait tout. » – Entretien avec Murielle Joudet

Alors que s’est clôt la rétrospective Elizabeth Taylor à la Cinémathèque Française – attendue et repoussée l’année dernière pour raisons sanitaires – il semblait important de revenir plus en détail sur la vie et les films d’une des plus grandes stars qu’ait jamais donné Hollywood. Une diva dont l’art et la vie entremêlés dessinent une œuvre en soi, pour laquelle il convient d’appliquer une réelle « politique des acteurs ». C’est l’esprit de ce dialogue avec Murielle Joudet, critique au Monde et sur France Culture et autrice de deux livres parus chez Capricci (Isabelle Huppert : Vivre ne nous regarde pas, 2018 ; et Gena Rowlands, On aurait dû dormir, 2020), signant également un texte d’introduction à la rétrospective Elizabeth Taylor dans le programme d’hiver de la Cinémathèque Française.

LE LIT CONJUGAL (1963), scènes de vie à l’italienne

Figure massive et généreuse, des yeux clairs quasi-enfantins, et une éternelle barbe en collier : le visage de Marco Ferreri est peut-être plus connu que son œuvre, trop souvent réduite au seul triomphe commercial de sa carrière, La Grande Bouffe, film énorme et débordant, comme l’arbre qui cache la forêt, constituée de 35 films en 40 ans de carrière, tournés sur quasiment tous les continents, et avec les plus grandes stars. Le Lit conjugal (1963) fait partie des ressorties salles et vidéo chez Tamasa, ainsi que de la prochaine rétrospective à la Cinémathèque française.

Ignacio Agüero, le cinéaste comme architecte

En octobre dernier, la trentième édition du Festival Biarritz Amérique Latine proposait une grande rétrospective du cinéma d’Ignacio Agüero, en sa présence. Cinéaste documentaire surtout connu pour avoir participé à la campagne télévisée « la franja del NO » contre Pinochet en 1988 (racontée par Pablo Larraín dans son film No en 2012), Ignacio Agüero raconte, dans son cinéma au plus proche du réel, une histoire urbaine et politique de son pays, le Chili.

Du musée surgit le cinéma : Entretien avec Paul Perrin et Marie Robert, commissaires de l’exposition « Enfin le cinéma » au Musée d’Orsay

Avec de nombreuses expositions autour du cinéma, ou des projections de films dans l’auditorium, le cinéma fait partie depuis sa création de l’ADN du musée d’Orsay. Avec « Enfin le cinéma ! Arts, images et spectacles en France (1833-1907) », les collections du musée d’Orsay semblent toutes vibrer de ces images animées. Ou est-ce des modernes vibrations du XIXe siècle et de sa création qu’est né le cinéma ? Entretien avec les conservateurs chargés du commissariat de l’exposition aux côtés de Dominique Païni.

50 ans de publicité bancaire en vidéo

En un demi-siècle de spots publicitaires à la télévision, les banques françaises ont reflété les évolutions de la société française et de ses préoccupations. À l’heure où l’aura du petit écran semble s’éteindre, que reste-t-il de ces pubs qui ont marqué plusieurs générations de Français ? Petit catalogage des productions qui ont marqué cette histoire audiovisuelle.

Silence ! Elles tournent – Kelly Reichardt, aux origines de l’Amérique

Récemment mise sur le devant de la scène par la sortie de First Cow (2019) et la rétrospective au Centre Pompidou, Kelly Reichardt est déjà à la tête d’une œuvre minimaliste et écologiste, qui n’a pas fini d’explorer l’Oregon et de nous emmener aux racines des États-Unis. Esther Brejon a invité pour en parler Judith Revault d’Allonnes, chargée de programmation cinématographique au Centre Pompidou.

OUT OF THE BLUE (1980), no country for young girl

Sorti 11 ans après Easy Rider, Out of the Blue se positionne comme un film fondateur : brutal, sans filtre et transgressant en permanence les codes établis par Dennis Hopper une décennie plus tôt. C’est une histoire d’innocence brisée qui ressort cette semaine en salles, en version restaurée, celle de cette adolescente, et celle de l’Amérique.

CHROMOSOME 3 (1979), rage et transgression

Après les ressorties de Frissons (1975), Scanners (1981) et Crash (1996), David Cronenberg fait de nouveau l’événement. La version restaurée de Chromosome 3 ressort en salles le 3 novembre, avec toute sa noirceur originale et sa vision sans concession du couple, de la famille et des normes sociales. Article originellement publié dans Revus & Corrigés N°10, mars 2021. Chromosome 3 est la réinterprétation métaphorique et cinématographique d’un drame vécu par Cronenberg : le divorce d’avec Lire la suite…

SOY CUBA (1964), grâce et fureur

Longtemps resté invisible après sa sortie en 1964, Soy Cuba est redécouvert par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola qui le ressortirent en salles en 1995. Première coproduction soviéto-cubaine destinée à promouvoir la révolution cubaine dans le monde, Soy Cuba est davantage un manifeste esthétique et poétique pour une croyance absolue du cinéma. Récemment restauré en 4K le film de Mikhaïl Kalatozov retrouve les écrans.

EIGHTEEN SPRINGS (1997), méli-mélo à Shanghaï

Ancienne assistante de l’immense King Hu, Ann Hui a réalisé vingt-sept longs-métrages depuis The Secret, en 1979. Son quatrième film, Boat People, marque tant les esprits qu’il éclipse la filmographie passionnante de la cinéaste hong-kongaise. La sortie en Blu-ray du méconnu Eighteen Springs, beau mélodrame romanesque au sous-texte politique, vient confirmer cette impression.

Livre : David Fincher, l’obsession du mal

Dans un essai dense et passionnant, Juliette Goffart décortique les motifs récurrents du cinéma de David Fincher, tissant la toile des obsessions du réalisateur américain autour de la représentation de la violence physique et symbolique de la société américaine.

0