AU SOMMAIRE DU N°1

Été 2018

bande à part
Bande à part © 1964 StudioCanal

L'Édito :

Nous n’aimons pas trop le mot « patrimoine ». Certes, c’est sans doute un peu étrange pour une revue sur le cinéma de patrimoine, et pourtant. « Patrimoine » a cette connotation monumentale – au sens propre – que nous ne sommes pas certains d’aimer. Nous avons retourné le terme dans tous les sens, et les alternatives (les « classiques » ou « films de répertoire ») ne nous ont pas semblées adaptées, quand elles n’étaient pas contradictoires. D’ailleurs, presque personne ne semble d’accord sur son sens. Pour le CNC, il s’agit des films sortis avant le 31 décembre 1999 ; ailleurs, on utilise la frontière communément admise des dix ans, que nous avons choisie. L’idée de Revus et Corrigés est d’abolir les barrières temporelles factices érigées entre les époques, entre passé et présent. On parle (trop) souvent de « vieux films », chose qui, lorsque l’on prend un peu de recul, ne veut pas dire grand-chose – qui dit « vieux tableaux » ou « vieille musique » ? Le cinéma est si jeune et semble pourtant déjà plus vieux que tous les autres arts, comme si son évolution était inverse, façon Benjamin Button. « Il n’y a pas plus daté et datable que le cinéma », me répétait autrefois un professeur. Mais justement. N’allons pas feindre que les époques auxquelles appartiennent les films n’existent pas et ne les encadrent pas ; mais paradoxalement, ne les laissons pas trop recadrer notre propre vision. Car nous, spectateurs et cinéphiles qui nous nous penchons à nouveau sur ce cinéma de « patrimoine », avons le privilège du recul. Les découvertes sont excitantes et les redécouvertes stimulantes, preuve des nouvelles lectures que l’on peut perpétuellement amener sur un film. Que de possibilités ! Nous voilà donc devant le mot « patrimoine », ses ouvertures mais aussi ses limites. Reste à voir comment, au fur et à mesure de notre évolution, les discussions autour de ces films et leur atemporalité relative (certains ont traversé plus de 120 ans pour figurer dans ces pages) nous pouvons repenser la notion de « patrimoine ». Et pourquoi pas, tous ensemble, trouver de nouveaux regards dans cette aventure ludique et excitante.

Marc Moquin
rédacteur en chef

REVOIR L'INVISIBLE

• Restaurer le cinéma

– Retrouver le temps perdu

– Restaurer = altérer ?

– Là où les films renaissent – Rencontre avec le laboratoire de restauration Hiventy

– Conserver l’éphémère

• Restaurer le regard

– Internet, c’est toute la mémoire du monde

– Œuvre ancienne, regard nouveau

• Refaire et revoir The Other Side of the Wind

– Orson Welles et son propre patrimoine

– Le Dernier film d'Orson Welles

– Citizen Netflix

CORRIGER

• Les Pionnières du cinéma

Cinq et la peau + Entretien avec Pierre Rissient

• Rétrospective Dario Argento + Entretien avec Stéphane Bouyer
(Le Chat qui fume)

• La Corée du sud à l’honneur (JSA + Memories of Murder)

Et aussi : La Vie privée de Sherlock Holmes, La Collectionneuse, Train de nuit dans la voie lactée, La Légende de la montagne, Deux hommes en fuite, Dieu seul le sait, Solo, Le Voyeur, La Femme insecte, Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma, L’Homme que j’ai tué, Le Prisonnier d’Alcatraz, Une histoire simple, Derrière le miroir, Profession : reporter, Animerama, Runaway Train, Pickpocket, L’Œuf du serpent, Kids Returns, Le Dernier face à face, La Ballade de Narayama, Voyage à Tokyo, A Brighter Summer Day, Winchester 73.

TRAVERSER

• Surimpressions : Auteurs-cascadeurs – Cruise face à Belmondo

• Pour une poignée de minutes : Mai 68 – Sous les pavés, le court

• Poste-Frontière : Tanner ’88 – Les Coulisses d’une défaite

• Le Cinéma rêvé de… Anna Karina

• Rendez-vous : Cannes Classics 2018 + Entretien avec Gérald Duchaussoy

• Conseils : Livres, bandes originales, exposition

• Une bouteille à la mer : Un été 42 de Robert Mulligan

Crédits images : Couverture – Illustration originale de Tony Stella © 2018 Studio Stella DR. / Édito – Bande à part © 1964 StudioCanal /The Dark Knight © 2008 Warner bros.

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