LA POURSUITE IMPITOYABLE (1966), quand Arthur Penn passe de la meute à l’émeute

À quel moment une foule qui demande justice dérape et jusqu’où peut-elle aller, abreuvée de fantasmes à s’en assoiffer de sang ? C’est la question que nous pose Arthur Penn avec La Poursuite impitoyable, qui replace un Marlon Brando admirable en ultime rempart de la loi, abandonné au milieu d’une ville hystérique à l’arrivée d’un évadé présumé coupable, incarné par Robert Redford. Un samedi soir sous haute tension aussi fiévreux que glaçant, et qui n’épargne rien… ni personne.

Il était une fois 1969 : Willie Boy, contre l’amnésie et le silence de l’Amérique

1909. Une ombre saute d’un train en marche pour rejoindre la réserve californienne de Morongo. C’est Willie Boy, mystérieux indien païute de retour d’on ne sait où, revenu épouser sa promise selon les traditions ancestrales. Après un incident qui provoque la mort de deux indiens et la fuite du couple à travers les étendues sauvages, le taiseux shériff Coop se lance à leur poursuite. Mais où court donc Willie Boy, dans ces espaces nus et désolés que l’homme Blanc a déjà cent fois parcouru et où les siens, exterminés ou parqués dans des réserves à l’abri des regards, ne sont déjà plus qu’un souvenir ?

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