AU SOMMAIRE DU N°6

Printemps 2020

L'Édito : Révélation

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Photogramme d’un film des frères Lumière en 75 mm reproduit avec l’aimalble autorisation du Centre National du Cinéma et de l’image animée © 2019 Le CNC
Avez-vous déjà vu un film des frères Lumière ? Sans doute. Sinon, cette année, avec les 125 ans du cinématographe, les occasions ne manqueront pas. Cependant, ce que vous n’avez pas pu voir – sauf si vous êtes très chanceux – ce sont les films Lumière 75 mm tournés pour l’Exposition universelle de 1900. Son commissaire, Alfred Picard, avait demandé aux pionniers de créer pour l’événement un nouveau spectacle. Le « Cinématographe Géant » devait être une projection sur un grand écran de 16 mètres de haut par 21 mètres de large. Cependant, pour un tel format, le 35 mm habituel présentait une qualité limitée, et s’est imposée la création d’un nouveau format, deux fois plus large, le 75 mm – comme un ancêtre de l’IMAX. Au moins 14 films ont été tournés dans ce format mais hélas jamais montrés, le projecteur n’ayant pu être prêt à temps. Conservés pendant plus d’un siècle aux Archives françaises du film, ces négatifs ont enfin été restaurés après un scan 8K, afin de profiter de la qualité optimale du support. Ils ont été projetés en octobre 2019 au Festival Lumière, et plus récemment à une soirée du CNC pour la présentation du nouveau dispositif de mécénat à la restauration. Quand la projection a débuté, la mâchoire de chaque spectateur s’est décrochée. Personne n’avait vu d’équivalent à ces images, comme directement sorties de l’Histoire et offrant un vortex temporel vers 1900, par leur netteté sidérante et leur immersion soudaine et profonde, malgré leur courte minute. Rarement une profondeur de champ n’avait été aussi émouvante. Par la qualité du matériel, les silhouettes fantomatiques jadis peu définis de la Belle époque devenaient ici de vraies personnes, avec des visages et des regards (interloqués par le dispositif) – rien à voir avec la vidéo 4K en 60 images par seconde de L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat récemment vue sur Youtube, irregardable du fait de toutes les retouches numériques réalisées par une intelligence artificielle. La beauté des images 75 mm était naturelle grâce à une restauration qu’on devrait plutôt appeler révélation. Ou l’impression d’avoir été touché par une grâce ineffable.
Marc Moquin, rédacteur en chef

REVOIR LES CLASSIQUES DU CINÉMA

• Marché des classiques, quelques chiffres

• Jean-François Rauger (La Cinémathèque française)

• Maelle Arnaud (L'Institut Lumière)

• Peggy Zejgman-Lecarme (La Cinémathèque de Grenoble)

• François Aymé (UniPop / Cinéma Jean Eustache de Pessac)

• Thierry Blondeau (Coin de mire cinéma)

• Pip Chodorov (Re:voir)

• Jean-Pierre Lavoignat (Les Fauvettes / UGC Culte)

• François Causse (La Filmothèque du quartier latin)

• Olivier Père (Arte cinéma)

• Conversation avec Universciné, FilmoTV, MUBI et La Cinetek

CORRIGER

• Abbas Kiarostami, l’art de l’enfance

• Andreï Kontchalovski, les métamorphoses du renard

La Roue d’Abel Gance

Et aussi : Scarface, Mikey & Nicky, The Bride with White HairHarlequinLe Combat dans l’îleLe Mystère von BülowSherlock Jr.Le Dernier roundLa Croisière du NavigatorLa RondeLola MontèsMississippi BurningAngel HeartLa VéritéGunsVoyage à deux, la trilogie MajinWinter KillsUn château en enferLes Lèvres rougesEl PerdidoPhase IV

TRAVERSER

• Une décennie sous influence : Depardieu, liberté

• Tour du monde : Mémoires du cinéma libanais

• Le Professionnel de la profession : Collection et philanthropisme à l’américaine, Entretien avec Tim Lanza

• Portfolio : Une histoire (en logos) de la 20th Century Fox

• Conseils : Livres

• Une bouteille à la mer : Films classiques, mécènes privés

Crédits images : Couverture – Charlton Heston as Moses in « The Ten Commandments » drive-in theater, Utah, 1958. J.R. Eyerman © Time & Life Pictures DR. / Édito – Photogramme d’un film des frères Lumière en 75 mm © 2019 Le CNC / La Route © 2009 Chockstone Picture, Nick Wechsler Productions

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