LE TRAIN (1964), l’art de la poursuite selon John Frankenheimer

C’est l’un des films d’action les plus ébouriffants des années 1960, également l’un des chefs-d’œuvre de John Frankenheimer, cinéaste qui a été touché par la grâce l’espace de quelques années. Avec son Burt Lancaster à la gueule burinée, prêt à tout pour empêcher les nazis de dévaliser les réserves du Jeu de Paume, Le Train réfléchit sur la valeur de l’art et le sens du sacrifice. Ou quand Van Gogh et Manet sont prétextes à une course-poursuite ferroviaire des plus hallucinantes.

Pour une diversité du cinéma sur France Télévisions, en période de confinement… et après !

Distributeurs, exploitants, programmateurs, critiques, institutions, associations et personnalités du cinéma ont accueilli favorablement l’augmentation du nombre de films de patrimoine proposés par la télévision publique, tout en s’inquiétant de sa diversité. À leurs côtés, Revus & Corrigés a signé cette tribune pour que l’envie de cinéma perdure après cette crise avec une mise en valeur de toute sa richesse, dans le temps, l’espace et les genres.

CARTOUCHE (1962), Belmondo en brigand bien aimé

Personnage historique et star de la Nouvelle Vague, le mélange n’avait d’évident pour plaire au grand public. Mais les talents conjugués de Philippe de Broca et Jean-Paul Belmondo ont su faire de Cartouche une grande aventure romanesque et populaire, dans la pure tradition des œuvres de cape et d’épée. Premier succès d’une longue série de collaborations entre le cinéaste et l’acteur.

Et Clouzot… (re)créa Bardot dans LA VÉRITÉ (1960)

Lorsque la passion amoureuse pousse à commettre l’irréparable, le film d’Henri-Georges Clouzot interroge en fond notre société qui ne juge que par ses mœurs établies. Seuls les protagonistes, interprétés par Brigitte Bardot et Sami Frey, connaissent la vérité, insaisissable par les juges, les jurés et les avocats. Une œuvre en avance sur son époque, et toujours d’actualité.

« Notre caméra était une cible. » – Entretien avec Nicole et Félix Le Garrec sur le documentaire PLOGOFF (1980)

À partir de janvier 1980, un petit village d’irréductibles bretons s’oppose à l’implantation d’une centrale nucléaire. Une mobilisation victorieuse des habitants, femmes en tête, dont témoigne le documentaire Plogoff, des pierres contre des fusils. Quarante ans après, les images de cette population face aux forces de l’ordre n’ont rien perdu de leur force et résonnent encore plus avec l’actualité. Rencontre sur la Croisette avec les époux Le Garrec, Nicole à la réalisation et Félix à la caméra, lors de la présentation du film à Cannes Classics.

Alain Delon et ses fantômes dans LE PROFESSEUR (1972)

Étonnant film dans une période où Alain Delon était en pleine recherche de singularité, Le Professeur ressort en version restaurée et retrouve sa « version longue » 47 ans après que son producteur, Delon lui-même, ait imposé de multiples coupes pour la sortie françaises. Fidèle à son réalisateur Valerio Zurlini, Le Professeur est avant tout une histoire d’ennui existentiel.

Battement de cœur, de Henri Decoin (1939)

CANNES CLASSICS 2018 – Sorti sur les écrans en pleine Drôle de guerre, Battement de cœur est le couronnement de l’association Danielle Darrieux/Henri Decoin de la décennie écoulée. C’est une comédie « à l’américaine » au scénario original astucieux et à la mise en scène très enlevée. On attendait depuis longtemps une digne restauration de ce joyau et c’est enfin chose faite, quelques mois après la disparition de la centenaire « DD ».

Coup pour coup, de Marin Karmitz (1971)

CANNES CLASSICS 2018 – Connu avant tout comme le fondateur de la société MK2, on oublie souvent que Marin Karmitz est aussi un cinéaste de grand talent. C’est à cet homme, qui a vécu le cinéma par tous les fronts, que Thierry Frémaux et le Festival de Cannes ont voulu rendre hommage avec la projection de son troisième et dernier film en tant que metteur en scène, Coup pour coup.

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