LE TERRORISTE (1963) : de la dynamite

Merveille retrouvée d’un cinéma italien ultra-politique, Le Terroriste est l’œuvre de Gianfranco de Bosio, homme de théâtre et cinéaste méconnu ; surtout, ancien résistant et membre des Groupes d’Action Partisane, dont il retranscrit ici l’expérience dans Venise occupée. Un film puissant, approfondissant les enjeux moraux autour de la Résistance et de la notion de terrorisme, à l’actualité irradiante.

L’INNOCENT (1976), ou le dernier bal

Dernier film de Luchino Visconti, adapté du roman de Gabriele D’Annunzio, L’Innocent est un film habité par la conscience d’une disparition prochaine, celle du réalisateur et celle du XIXème siècle, sublimement racontée ici, inaugurant les symptômes du Mal révélé en 1922 par le fascisme. L’Innocent ressort en version restaurée dans le cadre d’un rétrospective initiée par les Acacias autour du XIXème siècle de Visconti, avec Senso, Le Guépard et Ludwig.

LE NOM DE LA ROSE (1986), le Diable est dans les détails

La Victoire en chantant (1976), Coup de tête (1979), La Guerre du feu (1981), c’est à se demander pourquoi Jean-Jacques Annaud, avec sa tête à l’époque remplie d’ours, s’est-il trouvé soudain à transposer le chef-d’œuvre du sémiologue Umberto Eco ? Presque comme à chaque nouvelle pièce maîtresse de sa filmographie, il faut gratter sous le vernis de la pellicule pour comprendre que son apparente intrusion dans l’univers de ce professeur de l’université de Bologne n’a rien d’un hasard. À la manière de son héros Guillaume de Baskerville, le cinéaste incarna malgré lui un trouble-fête idéal, en s’emparant de ce best-seller avec la bénédiction de l’auteur. Il bouscula ainsi d’innombrables dogmes et certitudes, aboutissant à ce long-métrage inoubliable à redécouvrir en version restaurée.

CHER PAPA (1979), FANTÔME D’AMOUR (1981), reflets d’hier et d’aujourd’hui

Deux films de Dino Risi ressortent en salle ; deux films questionnant le passé, le souvenir, le spectral, dans l’Italie politiquement tourmentée de la fin des années 1970 / début 1980. Cher Papa (1979)et Fantôme d’amour (1981) embrassent la tragédie, le pessimisme de Dino Risi, cinéaste qui a pourtant brillé auparavant grâce à ses comédies dont Le Fanfaron, sorti près de vingt ans plus tôt. Mais le monde avait changé, et l’innocence du cinéma de Risi aussi, ornée désormais d’une tristesse qu’il applique sur ses stars, Marcello Mastroianni, Romy Schneider, ou Vittorio Gassman.

Cannes Classics : CHÈRE LOUISE de Philippe de Broca (1972)

Portrait de femme tendre et mélancolique portée par Jeanne Moreau, Chère Louise est un des grands oubliés de la filmographie de De Broca. Sorti en 1972, échec critique et public, le film marque une véritable prise de risque dans la carrière du cinéaste. Une présentation à Cannes Classics en forme de réhabilitation près de 50 ans après son accueil glacial sur la Croisette.

Jim Jarmusch, vacances permanentes

Alors que les juilletistes prennent d’assaut les routes de France, c’est vers l’Amérique que l’on fait cap grâce au cinéma de Jim Jarmusch, au travers d’une rétrospective constituée par ses six premiers longs-métrages. Une échappée libre aux côtés de personnages paumés mais attachants.

Les Amants du Capricorne (1949), Hitchcock mésestimé, pourtant étincelant

Mélodrame gothique flamboyant, sur fond de luttes de classes, situé dans l’Australie des origines au début du XIXème siècle, Les Amants du Capricorne fait figure de vilain petit canard dans l’œuvre d’Alfred Hitchcock. Il reste pourtant un des films les plus flamboyants du réalisateur de Fenêtre sur cour et Vertigo. Autopsie d’un grand film malade, dont l’injuste rejet repose sur plusieurs malentendus.