Eastwood à fleur de peau

À bientôt quatre-vingt-dix ans – précisons-le en toutes lettres pour bien s’en rendre compte – Eastwood sort son nouveau film, Le Cas Richard Jewell. De nouveau, il s’est retiré de devant la caméra, faisant de son précédent long-métrage La Mule une ultime borne comme œuvre dans une carrière d’acteur-réalisateur. Et surtout, l’épiphanie de comment Eastwood s’est filmé lui-même, portant sur son visage vieilli cinquante ans d’Amérique.

Il était une fois 1969 : Willie Boy, contre l’amnésie et le silence de l’Amérique

1909. Une ombre saute d’un train en marche pour rejoindre la réserve californienne de Morongo. C’est Willie Boy, mystérieux indien païute de retour d’on ne sait où, revenu épouser sa promise selon les traditions ancestrales. Après un incident qui provoque la mort de deux indiens et la fuite du couple à travers les étendues sauvages, le taiseux shériff Coop se lance à leur poursuite. Mais où court donc Willie Boy, dans ces espaces nus et désolés que l’homme Blanc a déjà cent fois parcouru et où les siens, exterminés ou parqués dans des réserves à l’abri des regards, ne sont déjà plus qu’un souvenir ?

Adieux au Duke dans Le Dernier des géants (1976)

Dernier film de John Wayne, Le Dernier des géants a longtemps été dans l’ombre de L’Homme qui tua Liberty Valance. Réédité en version restaurée par Sidonis Calysta, il n’en reste pas moins toujours une formidable œuvre de Don Siegel et un moment déchirant de l’histoire du western, dans sa plus belle agonie.

Sergio Leone, consensus cinéphile ?

Plus que tout autre, Sergio Leone semble aujourd’hui représenter un pôle d’aimantation cinéphile, non seulement transgénérationnel mais aussi agrégateur d’affinités variées. Leone plaît au grand public comme aux cinéphiles exigeants. C’est l’œuvre d’un cinéaste transfuge du cinéma d’exploitation italien vers la reconnaissance internationale, de films qui synthétisent, en citations ou en contradictions, ce qui a été fait avant, puis qui irriguent ce qui se fera après.

« Avec Sergio Leone, même les figurants les plus inconnus marchent d’une manière sublime » – Rencontre avec Gian Luca Farinelli, directeur de la Cinémathèque de Bologne

Sergio Leone a disparu il y a presque 30 ans mais reste on ne peut plus présent dans l’imaginaire collectif. Gian Luca Farinelli, directeur de la Cinémathèque de Bologne, et commissaire de l’exposition « Il était une fois Sergio Leone » nous raconte en quoi le cinéma de Sergio Leone a été une véritable révolution dans l’histoire du cinéma.

Enamorada, d’Emilio Fernández (1946)

CANNES CLASSICS 2018 – Le nom d’Emilio Fernández doit rappeler quelque chose aux fans de westerns comme La Horde sauvage ou Pat Garrett et Billy le kid dans lesquels il apparaît comme acteur. Moins savent, en revanche, que l’homme est également cinéaste en son pays, avec une carrière de plus d’une quarantaine de long-métrages à son actif. L’un de ses plus connus, et qui a refait surface à Cannes Classics dans une copie restaurée sublime, est Enamorada.

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