Mai 68 – Le Cinéma est une arme

Le festival Rebel Rebel à Saint-Denis s’est conclu il y a quelques jours sur une séance autour du cinéma de Mai 68. Une carte blanche de le Cinémathèque française composée d’un ensemble de courts-métrages représentatifs du mouvement. Des documents rares tout juste restaurés pour fêter le cinquantenaire de l’événement. Petit retour sur les films projetés.

« Du moment qu’il y a un spectateur, on joue quand même le film » – Jean-Pierre Mocky, dernier des Mohicans

On en fait plus des comme lui. Jean-Pierre Mocky, 84 ans, était l’invité du festival Rebel Rebel des 18e journées cinématographiques dionysiennes de la ville de Saint-Denis. Une rencontre à ne pas manquer avec un élément turbulent depuis toujours dans le paysage du cinéma français, représentant de toute une ère. Indépendant coûte que coûte, provocateur, trublion, acteur, réalisateur, scénariste, auteur, exploitant… Il y a de tout chez Mocky, car il a tout fait. Mais attention, Mocky en solo, ça canarde sec.

Rencontre avec Larry Clark : « Il n’y a pas de règle ou de recette pour réussir dans une forme artistique »

Larry Clark est l’invité d’honneur des 18èmes journées cinématographiques dyonisiennes. Qui mieux que le réalisateur de Ken Park et l’auteur de Tulsa, référence en matière d’ouvrage de photos, pour incarner la figure du rebelle, thème principal du festival 2018 ? En 1995, la projection cannoise de son premier film, Kids, a fait l’effet d’une bombe. Taxé de tous les maux – voyeur, pornographe, pédophile, junkie – Larry Clark a souvent eu maille à partir avec la censure. A plusieurs reprises, sa destinée artistique aurait pu s’arrêter. Net. Mais la force de son regard de moraliste, la reconnaissance dont il a fait l’objet, l’influence qu’il exerce auprès de Nan Goldin ou de Gus van Sant l’ont protégé contre vents et marées. Aujourd’hui âgé de 75 ans, prêt à continuer le combat – outre la présentation de deux inédits, il a deux films en projet – Larry Clark est un survivant. Rencontre express avec le réalisateur de Bully. (suite…)

Festival des 3 Continents : Au rendez-vous des films rares

Mettant à l’honneur des cinématographies d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique Latine, le Festival des 3 Continents se tenait il y a un mois à Nantes. C’est l’un de ces moments rares où on se souvient avoir vu des films qu’on ne reverra (peut-être) plus jamais, ailleurs. Il y a les films de compétition et autres avant-premières, souvent sans distributeurs français. Et il y a les rétrospectives. Retrouver un film perdu au fin fond de l’Argentine, sauvegarder une copie abimée d’un film africain, constater la disparition d’un film coréen est le quotidien d’un programmateur aux Trois Continents. Chronique d’un festival archéologue.
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