Natalie Wood, la cassure et l’effondrement

S’il fallait un visage pour incarner le Breakdown au cinéma, ce serait le sien. Dans les années 1960, Natalie Wood tourne trois films magistraux où l’effondrement tient un rôle capital. Mise en regard de La Fièvre dans le sang d’Elia Kazan (1961), Daisy Clover de Robert Mulligan (1965) et Propriété interdite de Sydney Pollack (1966), à l’occasion de la rétrospective que lui consacre l’Institut Lumière du 20 janvier au 27 février 2022.

LE LIT CONJUGAL (1963), scènes de vie à l’italienne

Figure massive et généreuse, des yeux clairs quasi-enfantins, et une éternelle barbe en collier : le visage de Marco Ferreri est peut-être plus connu que son œuvre, trop souvent réduite au seul triomphe commercial de sa carrière, La Grande Bouffe, film énorme et débordant, comme l’arbre qui cache la forêt, constituée de 35 films en 40 ans de carrière, tournés sur quasiment tous les continents, et avec les plus grandes stars. Le Lit conjugal (1963) fait partie des ressorties salles et vidéo chez Tamasa, ainsi que de la prochaine rétrospective à la Cinémathèque française.

SOY CUBA (1964), grâce et fureur

Longtemps resté invisible après sa sortie en 1964, Soy Cuba est redécouvert par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola qui le ressortirent en salles en 1995. Première coproduction soviéto-cubaine destinée à promouvoir la révolution cubaine dans le monde, Soy Cuba est davantage un manifeste esthétique et poétique pour une croyance absolue du cinéma. Récemment restauré en 4K le film de Mikhaïl Kalatozov retrouve les écrans.

Hollywood Breakdown en 100 films (1959-1969)

L’idée d’Hollywood Breakdown correspond à un moment du cinéma américain mal identifié, quelque part entre la fin des années 1950 et la fin des années 1960. Avant ce que conventionnellement, on appelle le Nouvel Hollywood. Il y a dans ces années-là un corpus de film, assez imposant si l’on accepte de les réunir malgré leurs différences, mettant en scène un mal être profond qui gagne les États-Unis et remet en question l’American Way of Life.

Mauro Bolognini, des histoires italiennes

Quelques éditions vidéo, une rétrospective à la Cinémathèque en novembre 2019 parallèle à la ressortie en salle d’un film insolite du cinéaste, Gran Bollito, ont ravivé le souvenir du cinéaste italien Mauro Bolognini (1922-2001), auteur d’une œuvre conséquente d’une trentaine de films, trop souvent négligée par les cinéphiles. Pour preuve : aucun ouvrage en langue française ne lui avait été consacré jusqu’ici. Après La Rome d’Ettore Scola, Michel Sportisse se penche sur cette filmographie et lui redonne la place qu’il convient de lui accorder, aux côtés des plus grands, Fellini, Visconti, Pasolini ou Antonioni.

« QUELLE JOIE DE VIVRE a une envergure plus importante que Le Dictateur » – Entretien avec Denitza Bantcheva

Inédit en salles depuis 2012, Quelle joie de vivre, malgré son sujet et son casting, reste l’un des films les plus méconnus de son réalisateur, René Clément. Denitza Bantcheva, critique et autrice de livres sur le cinéma, administratrice de la Fondation René Clément et directrice de son comité Cinéma, nous apporte son éclairage sur ce film, ainsi que sur le statut de cette formidable satire dans l’œuvre du cinéaste, en salles ce mercredi 5 août 2020.

LE TRAIN (1964), l’art de la poursuite selon John Frankenheimer

C’est l’un des films d’action les plus ébouriffants des années 1960, également l’un des chefs-d’œuvre de John Frankenheimer, cinéaste qui a été touché par la grâce l’espace de quelques années. Avec son Burt Lancaster à la gueule burinée, prêt à tout pour empêcher les nazis de dévaliser les réserves du Jeu de Paume, Le Train réfléchit sur la valeur de l’art et le sens du sacrifice. Ou quand Van Gogh et Manet sont prétextes à une course-poursuite ferroviaire des plus hallucinantes.

CARTOUCHE (1962), Belmondo en brigand bien aimé

Personnage historique et star de la Nouvelle Vague, le mélange n’avait d’évident pour plaire au grand public. Mais les talents conjugués de Philippe de Broca et Jean-Paul Belmondo ont su faire de Cartouche une grande aventure romanesque et populaire, dans la pure tradition des œuvres de cape et d’épée. Premier succès d’une longue série de collaborations entre le cinéaste et l’acteur.

VOYAGE À DEUX (1967) – Discours amoureux fragmenté

Quel meilleur moyen pour savoir comment va son couple que de le confronter aux vacances ? C’est de cette manière, très romanesque, que Stanley Donen radiographie la relation amoureuse dans Voyage à deux, qui vient de ressortir en Blu-ray. Un film à la fois glamour et désespéré, drôle et déchirant, virevoltant et introspectif : comme l’amour en somme.

Et Clouzot… (re)créa Bardot dans LA VÉRITÉ (1960)

Lorsque la passion amoureuse pousse à commettre l’irréparable, le film d’Henri-Georges Clouzot interroge en fond notre société qui ne juge que par ses mœurs établies. Seuls les protagonistes, interprétés par Brigitte Bardot et Sami Frey, connaissent la vérité, insaisissable par les juges, les jurés et les avocats. Une œuvre en avance sur son époque, et toujours d’actualité.

Delon et Schneider intemporels dans LA PISCINE (1969) de Jacques Deray

Le 22 février a eu lieu la remise du Prix Jacques Deray à l’Institut Lumière. Le cinéaste fût pendant plusieurs années le vice-président et en son honneur, chaque année depuis 2005, un prix est décerné pour un film policier français. Roubaix, une lumière, d’Arnaud Desplechin, succède ainsi à d’autres oeuvres importantes du genre réalisées ces dernières années comme En liberté, L’Affaire SK1, Polisse, Ne le dis à personne, De battre mon coeur s’est arrêté, 36 quai des orfèvres… À cette occasion, il fallait revenir sur le film le plus emblématique de Jacques Deray (sans nul doute son meilleur) ressorti en salle à l’automne dernier.

Il était une fois 1969 : Willie Boy, contre l’amnésie et le silence de l’Amérique

1909. Une ombre saute d’un train en marche pour rejoindre la réserve californienne de Morongo. C’est Willie Boy, mystérieux indien païute de retour d’on ne sait où, revenu épouser sa promise selon les traditions ancestrales. Après un incident qui provoque la mort de deux indiens et la fuite du couple à travers les étendues sauvages, le taiseux shériff Coop se lance à leur poursuite. Mais où court donc Willie Boy, dans ces espaces nus et désolés que l’homme Blanc a déjà cent fois parcouru et où les siens, exterminés ou parqués dans des réserves à l’abri des regards, ne sont déjà plus qu’un souvenir ?

Miracle en Alabama (1962) ou les sens de l’Amérique

Tiré de l’autobiographie d’Helen Keller, adaptée par Arthur Penn à la télévision, au théâtre et enfin au cinéma, Miracle en Alabama déploît le combat pour la reconnaissance, l’éducation et l’amour d’une enfant sourde et aveugle – et de son éducatrice – dans une Amérique puritaine où les normes font loi. Une grande leçon d’humanité pour les petits et les grands.

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