L’INNOCENT (1976), ou le dernier bal

Dernier film de Luchino Visconti, adapté du roman de Gabriele D’Annunzio, L’Innocent est un film habité par la conscience d’une disparition prochaine, celle du réalisateur et celle du XIXème siècle, sublimement racontée ici, inaugurant les symptômes du Mal révélé en 1922 par le fascisme. L’Innocent ressort en version restaurée dans le cadre d’un rétrospective initiée par les Acacias autour du XIXème siècle de Visconti, avec Senso, Le Guépard et Ludwig.

Cannes Classics : LE DISQUE ROUGE (1956) de Pietro Germi

Restauré par L’Immagine Ritrovata et la Cineteca di Bologna et présenté cette année dans la sélection Cannes Classics, Le Disque rouge de Pietro Germi est un film néoréaliste singulier, une des belles surprises de ce Festival de Cannes. Dans une Italie moderne et conservatrice où règnent les inégalités, Pietro Germi plonge dans le milieu ouvrier des cheminot, tout en restant plus proche de ses personnages que des luttes sociales, à travers le point de vue cruellement naïf d’un jeune garçon.

Ida Lupino, une pionnière en son genre

Vedette hollywoodienne, mais aussi productrice et cinéaste, Ida Lupino est à l’honneur sur Arte avec la diffusion de quatre de ses films en version restaurée, ressortis en 2020 en salles avec Camélia Films : Not Wanted (1949), Never Fear (1949), The Hitch-Hicker (1953) et The Bigamist (1953). Autant de témoignages d’une metteuse en scène affirmée, engagée et visuelle.

Silence ! Elles tournent – Lena Horne, le « blackbird » révolté d’Hollywood

Première actrice afro-américaine à signer un contrat de longue durée avec la MGM, Lena Horne arrive à Hollywood au début des années 40 pleine d’espoirs et de rêves de cinéma. Confrontée au racisme et à la ségrégation raciale, sa carrière ne décollera jamais et elle devient alors une figure du Mouvement des Droits Civiques dans les années 60.

Jean Dréville, une épopée française

Qui, aujourd’hui, se souvient vraiment de Jean Dréville et de ses films, si ce n’est quelques membres précieux de la tribu cinéphile ? Son nom évoque quelques productions fastess, dont La Fayette, film le plus cher du cinéma français , ainsi qu’une série de films de guerre. Dréville porte avec lui tout un monde de cinéma des années 1930 aux années 1950, une « qualité française » plus originale et inventive que ce qu’on aime croire à ce sujet – une œuvre qui a même été parfois avant-gardiste.

Cinq classiques découverts au Festival du Film Coréen à Paris

Comme chaque année, le Festival du Film Coréen à Paris proposait un focus de 5 films dédiés au cinéma de patrimoine. Après avoir rendu hommage à Shin Sang-ok en 2016, le festival a mis en avant celle qui fut son actrice fétiche – ainsi que son épouse – et l’une des grandes vedettes du cinéma coréen durant les années 60 et 70 : Choi Eun-hee, décédée au printemps dernier.

Mark Dixon, détective (1950), bavure policière en noir et blanc

Un inspecteur peu commode tue « par accident » un suspect – rengaine d’actualité s’il en est – et cherche à se débarrasser du corps. Mark Dixon, détective prend à la fois à contre-coup le film noir, avec ce personnage médiocre, gauche et apathique, autant qu’il en explore tous les codes (narratifs comme plastiques). Un énième diamant noir de la carrière du génial Otto Preminger, scénarisé par Ben Hecht.

Une chanteuse de Jazz est née, de Masahisa Sunohara (1957)

Découvrir une comédie musicale japonaise en couleur, signée par un réalisateur inconnu en France est une occasion est trop rare pour être ignorée, de surcroît dans sa restauration éclatante. Plus qu’une curiosité, Une chanteuse de Jazz est née est un délicieux plongeon dans l’univers des productions populaires et commerciales nippones, méconnues en Occident.