Adieux au Duke dans LE DERNIER DES GÉANTS (1976)

Dernier film de John Wayne, Le Dernier des géants a longtemps été dans l’ombre de L’Homme qui tua Liberty Valance. Réédité en version restaurée par Sidonis Calysta, il n’en reste pas moins toujours une formidable œuvre de Don Siegel et un moment déchirant de l’histoire du western, dans sa plus belle agonie.

Hair, de Milos Forman (1979)

Hair (1979) et le cinéma révolté de Milos Forman

C’est une première pour Milos Forman : jamais le cinéaste tchèque, alors âgé de 47 ans, n’a réalisé de comédies musicales. Pourtant, les thèmes abordés dans Hair ne lui sont pas étrangers : courage, révolte, contestation de l’ordre, des autorités, refus des diktats et de l’aliénation… Comment ne pas voir dans l’œuvre de Forman des allusions du cinéaste à sa propre vie, et à son passé ?

Sur la route des barricades : Cocktail Molotov, de Diane Kurys (1979)

Mai 68 raconté par ceux qui ne l’ont pas vécu. Voici une idée plutôt maline, tant on sait à quel point la France fantasme 68. Tourné dix ans après les évènements, Diane Kurys ne se risque pas à déconstruire l’image des barricades dans Cocktail Molotov mais fait le choix d’éloigner ses personnages de cette effervescence. La route devient une échappatoire pour les étudiants utopistes. Des campagnes françaises à une lagune vénitienne sans cliché, la réalisatrice propose un joli voyage initiatique où les rêves adolescents se confrontent à la réalité sociale.

Céline et Julie vont en bateau, de Jacques Rivette (1974)

Dans cette aventure de trois heures réalisé par Jacques Rivette, Julie va croiser le chemin de la très pressée Céline. Une Céline façon lapin blanc (l’influence de Lewis Caroll est évidente tout le long du film) et une rencontre aussi fantasque que le sera ce joli duo. C’est l’une des forces de Céline et Julie vont en bateau : cette complicité de tous les instants entre deux jeunes femmes délurées.

« Du moment qu’il y a un spectateur, on joue quand même le film » – Jean-Pierre Mocky, dernier des Mohicans

On en fait plus des comme lui. Jean-Pierre Mocky, 84 ans, était l’invité du festival Rebel Rebel des 18e journées cinématographiques dionysiennes de la ville de Saint-Denis. Une rencontre à ne pas manquer avec un élément turbulent depuis toujours dans le paysage du cinéma français, représentant de toute une ère. Indépendant coûte que coûte, provocateur, trublion, acteur, réalisateur, scénariste, auteur, exploitant… Il y a de tout chez Mocky, car il a tout fait. Mais attention, Mocky en solo, ça canarde sec.

LE MIROIR (1974) – Voyage au bout de la vie

Au sein de la filmographie d’Andreï Tarkovski, Le Miroir occupe une place particulière. Coincé entre les deux mastodontes que sont Solaris (le 2001, l’Odyssée de l’Espace soviétique) et Stalker (Prix du Jury à Cannes en 1980 et son film le plus réputé aujourd’hui), Le Miroir est une œuvre instable dans laquelle s’entrechoque une beauté formelle foudroyante et une narration nébuleuse tant son contenu est riche et dense. Il s’agit d’un métrage-tiroir monumental, une forme de film-somme qui condense les thèmes et obsessions de son auteur (la mort bien sûr mais aussi la filiation, la religion, la politique, le surnaturel) enrichi par son aspect autobiographique mais aussi un film-monde dans lequel se recoupe tous les arts.

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