Richard Kelly, porté disparu

Faire ressortir un patrimoine récent au cinéma est souvent assez intéressant, car c’est confronter des souvenirs pas tout à fait effacés à une éventuelle réactualisation de l’œuvre – et l’ouvrir aussi à de nouveaux publics. Dans le cas de Donnie Darko (et sa director’s cut), film culte d’une génération de cinéma américain, l’effet est renforcé par son cinéaste, Richard Kelly, dont la carrière aujourd’hui presque en friche – il n’a rien réalisé depuis dix ans – à revoir aujourd’hui sous un jour différent. L’occasion de rencontrer un cinéaste hors de son temps, presque dépassé par ses propres films.

« Le cinéma peut changer le monde » – Entretien avec Férid Boughedir, réalisateur de Caméra d’Afrique

Il y a 50 ans s’organisait le Festival Panafricain d’Alger, un événement qui invita les artistes du continent à se rencontrer, et notamment ceux issus du cinéma. Mais l’année 1969 fut aussi un tournant pour le cinéma africain sur plusieurs aspects. Nous avons pu rencontrer le cinéaste tunisien Férid Boughedir qui a été témoin de ces bouleversements et dont la version restaurée de son film Caméra d’Afrique a été présentée cette année à Cannes Classics. Le documentaire revient sur les rêves et les espoirs des premiers représentants d’un cinéma africain indépendant en quête d’existence et de reconnaissance.

« Comme Almodóvar, Chahine savait filmer la femme orientale » – rencontre avec les commissaires de l’exposition Youssef Chahine

Alors que s’achève à la fin du mois de juillet l’exposition que consacre la Cinémathèque française au cinéaste égyptien Youssef Chahine, entretien avec ses commissaires, Régis Robert et Amal Guermazi, sur la portée de l’exposition et le rôle qu’elle a eu pour remettre au goût du jour l’œuvre du réalisateur d’Adieu Bonaparte et du Destin décédé le 27 juillet 2008. Ce fut pour beaucoup, connaisseurs comme néophytes, la redécouverte d’un artiste aux films plus actuels que jamais.

« La Quinzaine pouvait exister tant qu’elle n’avait pas beaucoup de succès » – Pierre-Henri Deleau, fondateur de la Quinzaine des réalisateurs

Theo Angelopoulos, les frères Dardenne, Werner Herzog, Ken Loach, Michael Haneke, et bien d’autres… Pour eux, leur sélection en Quinzaine des réalisateurs a constitué un véritable tremplin vers la célébrité et la reconnaissance internationale. La manifestation, née des remous de l’après-mai 68, fête cette année ses 50 ans. Rencontre avec son créateur fondateur et directeur jusqu’en 1998, Pierre-Henri Deleau.

« Mettre Éric Rohmer en pléiade, pour le rendre accessible » – Entretien avec Régine Vial des Films du Losange

Éric Rohmer sera, du 9 janvier au 11 février, au centre d’une grande rétrospective, à la Cinémathèque française et dans un circuit national de salles. Ancien des Cahiers du Cinéma, Rohmer se distingue par sa liberté de moyens et de ton, l’œuvre d’un « cinéaste du dimanche » comme il aimait à le dire. Disparu depuis neuf ans, sa société de production et de distribution, Les Films du Losange, continue d’assurer la pérennité de ce qui relève désormais de son patrimoine – en plus d’une actualité foisonnante. Rencontre avec Régine Vial, directrice de la distribution.

Entretien avec le voyageur Bertrand Tavernier

Après le long-métrage Voyage à travers le cinéma français, trajectoire cinéphile de Bertrand Tavernier entre les années 30 et 70, la série Voyages… – cette fois-ci au pluriel –, vient compléter ce portrait attentif et passionné de plusieurs époques. Un travail documentaire unique qui compile nombre de cinéastes et d’œuvres, parmi certaines connue et d’autres inédites. Rencontre avec Bertrand Tavernier, autour de ce travail de passeur et d’archéologue, non dénué de difficultés.

« Avec Sergio Leone, même les figurants les plus inconnus marchent d’une manière sublime » – Rencontre avec Gian Luca Farinelli, directeur de la Cinémathèque de Bologne

Sergio Leone a disparu il y a presque 30 ans mais reste on ne peut plus présent dans l’imaginaire collectif. Gian Luca Farinelli, directeur de la Cinémathèque de Bologne, et commissaire de l’exposition « Il était une fois Sergio Leone » nous raconte en quoi le cinéma de Sergio Leone a été une véritable révolution dans l’histoire du cinéma.

« Rendre le cinéma muet accessible et ludique » – Entretien avec Fritzi Kramer de Movies Silently

Tenancière du blog Movies Silently, Fritzi Kramer est une cinéphile américaine passionnée et experte en cinéma muet. Son site recence des centaines d’articles mettant en valeur toute la diversité de l’ère du muet, son avant-gardisme, sur un ton résolument accessible. La sortie du coffret « Les Pionnières du cinéma » et la programmation de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé sont, de nouveau, des occasions idéales pour revenir avec elle sur la place de la femme derrière la caméra aux débuts du cinéma, ainsi que les possibilités de médiation autour du muet.

« Créer une communauté forte autour de l’édition » – Rencontre avec Manuel Chiche, fondateur de La Rabbia

La sortie en vidéo de Memories of Murder, de Bong Joon-ho, est un véritable petit événement dans l’éditorialisation du cinéma de patrimoine. C’est l’occasion d’aller discuter avec Manuel Chiche, fondateur de La Rabbia et de The Jokers, éditeur et distributeur passionné qui n’a pas sa langue dans sa poche. On en profite pour faire le point sur les perspectives futures autour des films restaurés et de leurs ressorties.

Rencontre avec Luc Lagier, créateur de l’émission Blow Up

Dans le cadre de l’article « Internet, c’est toute la mémoire du monde », nous avions rencontré Luc Lagier, créateur de l’émission Blow Up d’Arte. Impossible de ne pas céder à la tentation de publier l’intégralité de cet entretien, dense et passionnant, apportant un regard érudit et orgiaque sur la création Youtube.

Du cinéma au musée du Louvre : rencontre avec Pascale Raynaud, la programmatrice de l’Auditorium

A l’occasion du cycle de films « Autoportrait en voyageur » qui se déroule jusqu’au dimanche 29 avril à l’Auditorium du Musée du Louvre, Revus et Corrigés a rencontré Pascale Raynaud, responsable de programmation cinéma de l’Auditorium. Elle nous a présenté ce cycle autour des carnets de voyage et l’ambition cinématographique mais surtout pluridisciplinaire de cette belle salle de 450 places.

« Du moment qu’il y a un spectateur, on joue quand même le film » – Jean-Pierre Mocky, dernier des Mohicans

On en fait plus des comme lui. Jean-Pierre Mocky, 84 ans, était l’invité du festival Rebel Rebel des 18e journées cinématographiques dionysiennes de la ville de Saint-Denis. Une rencontre à ne pas manquer avec un élément turbulent depuis toujours dans le paysage du cinéma français, représentant de toute une ère. Indépendant coûte que coûte, provocateur, trublion, acteur, réalisateur, scénariste, auteur, exploitant… Il y a de tout chez Mocky, car il a tout fait. Mais attention, Mocky en solo, ça canarde sec.

Samuel Fuller, le cinéaste face à l’Histoire – Entretien avec Christian Delage

Nous avons pu nous entretenir avec Christian Delage afin qu’il partage avec nous son point de vue d’historien et de réalisateur sur le cinéaste Samuel Fuller. Enseignant à l’Université Paris 8, Christian Delage est également le directeur de l’Institut de l’Histoire du Temps Présent. Il a signé plusieurs documentaires (Nuremberg – Les Nazis face à leurs crimes, De Hollywood à Nuremberg) et des expositions dont les éléments recoupent des moments clés du parcours du cinéaste Samuel Fuller, avec qui il entretient un rapport privilégié.

 

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Rencontre avec Larry Clark : « Il n’y a pas de règle ou de recette pour réussir dans une forme artistique »

Larry Clark est l’invité d’honneur des 18èmes journées cinématographiques dyonisiennes. Qui mieux que le réalisateur de Ken Park et l’auteur de Tulsa, référence en matière d’ouvrage de photos, pour incarner la figure du rebelle, thème principal du festival 2018 ? En 1995, la projection cannoise de son premier film, Kids, a fait l’effet d’une bombe. Taxé de tous les maux – voyeur, pornographe, pédophile, junkie – Larry Clark a souvent eu maille à partir avec la censure. A plusieurs reprises, sa destinée artistique aurait pu s’arrêter. Net. Mais la force de son regard de moraliste, la reconnaissance dont il a fait l’objet, l’influence qu’il exerce auprès de Nan Goldin ou de Gus van Sant l’ont protégé contre vents et marées. Aujourd’hui âgé de 75 ans, prêt à continuer le combat – outre la présentation de deux inédits, il a deux films en projet – Larry Clark est un survivant. Rencontre express avec le réalisateur de Bully. (suite…)

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